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La Tribune
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À 80 ans, il vient de dépenser 80 millions d'euros pour s'offrir « le chaînon manquant » selon l'expression de son propriétaire, la famille Barrière. Après avoir acheté à la Banque de France en 2006 l'édifice collé au 10 la Croisette, le Majestic de Cannes ouvre le festival avec un bâtiment rééquilibré par une seconde aile entièrement calquée sur le modèle Art déco de la première. Le palace, imaginé en 1926 par Théo Petit, se pare enfin d'une symétrie parfaite. On a beau chercher dans sa mémoire, scruter la nouvelle façade, on ne trouve plus trace des formes de l'ancien bâtiment. Comme une évidence. Au total, 10.000 m2 supplémentaires composés de 44 nouvelles suites dont 2 duplex, l'un de 450 m2 (la suite Dior) et l'autre de 650 m2, dotés de spa et de salle de gym privée, de terrasse plongeant sur la Croisette avec vue imprenable sur les marches du Palais des festivals depuis la piscine de 11 mètres de long... le prix en est aussi étourdissant que le lieu et figure au livre des records à 38.000 euros la nuit. Le fleuron du groupe Barrière en a aussi profité pour se refaire une beauté. Et quelle beauté ! Fini les statues égyptiennes et les tons carmin. Cléopâtre a cédé sa place à Périclès avec des teintes ocre et noir, des sculptures hellénistiques et ses chapiteaux corinthiens noir et or. De l'or qui ne brille guère, plutôt mat, repris dans les tissus. C'est chic, moderne, un brin glamour et c'est signé du décorateur attitré du groupe, Pascal Desprez. Côté chambre, pas de folie dans le nuancier : beige, ocre, taupe et noir. Des meubles sombres, des tissus clairs. C'est un sans-faute... de goût. Assez rare dans ce genre de palace toujours enclin à en mettre plein la vue... surtout sur la Croisette.Pour rester dans cette élégante simplicité, un restaurant a été confié à Nicole Rubi, célèbre pour son lieu niçois. « La petite maison de Nicole » jouxte le Fouquet's et s'ouvre sur la terrasse près de la piscine. Un savant jeu de voilages accrochés à des tringles circulaires permet de privatiser une table. Dîner à l'abri des regards dans les bruissements de la salle, c'est peut-être cela le nouveau chic mystérieux de la côte. Majestueux, le nouveau Majestic sait visiblement aussi être magique.Sophie Péters
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