Test de rentrée pour le fonds d'investissement social
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EmploiLors de sa création en avril dernier, le fonds d'investissement social (Fiso) avait été doté par l'État de 1,5 milliard d'euros pour 2009, auxquels s'ajoutaient quelque 500 millions des partenaires sociaux via la formation ou l'assurance chômage. Dès avant l'été, des moyens en faveur des jeunes, de certaines branches en difficulté ou de salariés victimes de chômage partiel ont été débloqués. Mais cinq mois après son lancement, les syndicats éprouvent des difficultés à évaluer l'ampleur des actions engagées et leur efficacité.À l'occasion de la réunion de rentrée du Fiso, qui se tient demain sous la houlette de Laurent Wauquiez, le secrétaire d'État à l'Emploi, les syndicats demanderont donc un panorama exhaustif des actions engagées. En fin de semaine dernière, les services du ministère de l'Emploi leur ont transmis un premier bilan dont « La Tribune » a obtenu copie. Selon ce document, 367 millions d'euros ont déjà été engagés au titre des actions à destination des bénéficiaires de la convention de reclassement personnalisée, de salariés fragilisés ou au chômage partiel? FlouLe bilan est beaucoup plus flou sur les programmes sectoriels, le tableau reprenant des sommes pluriannuelles (2009-2011) sans les consolider et mêlant des projets déjà validés (intérim, construction?) et d'autres en cours d'agrément (aéronautique et spatial?). Enfin, quasiment aucun détail n'est donné sur les actions régionales. « Il nous faut vraiment un suivi du budget. Sinon, le comité de pilotage ne sert à rien. Peut-être aurons-nous davantage d'informations demain », souligne Éric Aubin, membre CGT du Fiso. « On nous dit 400 millions d'euros. C'est de la communication à laquelle personne ne croit. Il nous faut des données quantitatives et qualitatives pour assurer la promotion du Fiso », renchérit Gabrielle Simon, de la CFTC.La querelle n'est pas que de chiffres. Derrière ces demandes, se joue, en effet, l'efficacité du Fiso. « En dehors de la Franche-Comté qui mérite la médaille d'or avec 10.000 salariés entrés dans le dispositif, dans d'autres régions, ça coince. Nous avons besoin de connaître les difficultés pour lever les freins. En cette rentrée, la priorité, c'est l'opérationnalité du fonds », souligne Christian Janin, secrétaire confédéral de la CFDT dont l'organisation avait plaidé dès le début de la crise pour la création du Fiso. Depuis, tous les syndicats se sont ralliés au principe d'un fonds d'urgence en faveur de l'emploi. Et veulent, en cette rentrée, exercer une légère mais ferme pression sur le gouvernement pour accélérer son déploiement sur le terrain? Agnès Laurent
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