La reprise chinoise ne profite qu'à une partie de l'Asie

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conjonctureLe rôle de locomotive économique de la Chine dans le monde était, on le sait, source de polémique entre experts. Mais voilà qu'à présent son rôle de locomotive régionale alimente le débat. Lors de son dernier rapport en septembre, la Banque asiatique de développement (BAD) a souligné combien « l'expansion économique de l'Asie de l'Est, révisée en hausse à 4,4 % en 2009, était soutenue par une croissance en Chine plus vigoureuse qu'attendu et un ralentissement en Corée du Sud moins grave que prévu ». Mais la BAD ne pousse pas très loin l'analyse des canaux de diffusion de la croissance chinoise au reste de la zone. Elle insiste en revanche sur l'importance de « la réponse rapide et décisive des gouvernements » à la crise mondiale, sur « les baisses d'impôt, les dépenses publiques, l'assistance ciblée et la politique monétaire accommodante » qui ont été mises en ?uvre dans différents États de la région.Certes le plan de relance massif annoncé par Pékin fin 2008 a nourri la reprise de l'activité dans l'empire du Milieu et par ce biais réactivé certaines importations chinoises dont le reste de la zone a profité. En visite officielle à Paris, le Premier ministre malaisien, Najib Razak, l'a expliqué hier à « La Tribune » : « Nous bénéficions d'une demande accrue de la Chine portant sur nos produits manufacturés, les produits électriques et électroniques, l'huile de palme, le bois, le gaz naturel. » Mais la Malaisie est, avec l'Indonésie et l'Australie, l'un des rares pays de la zone à tirer un avantage évident de la reprise chinoise fortement consommatrice de ressources naturelles. Pour les autres nations, les économistes sont nuancés. Le plan de relance chinois « a clairement fait la preuve de son extrême efficacité pour soutenir la croissance chinoise mais peu de chose va diffuser vers le reste de la région », estiment les économistes de CLSA, le fonds d'investissement basé à Hong Kong, dans une récente étude. effet de ciseauxSelon elle, « le contenu en produits importés des dépenses publiques (chinoises) en infrastructures est faible et la politique de taux de change menée par Pékin a encouragé la substitution par des machines fabriquées localement et par des équipements dans lesquels les entreprises d'États sont spécialisées ». Ne niant pas une hausse des ventes de détail en Chine notamment dans les campagnes, CLSA rappelle néanmoins que les flux commerciaux intrarégionaux, dont l'essor doit beaucoup à la division du travail régionale, trouvent l'essentiel de leur débouché final dans les pays riches où la demande reste fragile.Plus fâcheux encore, la reprise économique chinoise relance la flambée des prix des matières premières relativement aux prix des biens manufacturés. À terme cet effet de ciseaux risque de peser sur les balances commerciales des pays très exportateurs de biens industriels et de retarder le retour des profits pour leurs entreprises et donc des investissements, souligne CLSA.

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