La taxe Google, une idée pauvre

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Les années paires ne sont peut-être pas favorables à l'économie numérique en France. En janvier 2008, à la surprise générale, Nicolas Sarkozy annonçait la création d'une taxe sur les fournisseurs d'accès à Internet et les opérateurs télécom ainsi que sur la publicité télévisée, histoire de compenser la publicité qu'il ne voulait plus voir sur les chaînes publiques. En janvier 2010, c'est la piste d'une taxe sur la publicité sur Internet qui surgit, pour aider cette fois l'offre légale de contenus culturels en ligne. Nous voilà repartis pour une usine à gaz pour taxer l'Internet, mais avec des exceptions forcément légitimes qu'il va falloir aménager. Pourtant, l'économie numérique est bien évidemment une priorité essentielle pour notre avenir. Le président de la République n'a-t-il pas voulu qu'un secrétariat d'État lui soit consacré, actuellement occupé par Nathalie Kosciusko-Morizet ? Certes, quelques acteurs de cette économie nouvelle échappent en partie à l'impôt grâce aux domiciliations fiscales exotiques des filiales européennes des Google et autres Yahoo. Mais créer une nouvelle taxe ne résout pas la question du privilège fiscal, si privilège il y a, de ces sociétés. C'est une façon pour le moins détournée d'aborder ce sujet qui ne concerne pas que les sociétés Internet d'ailleurs. Surtout, taper les poches profondes, Google est aujourd'hui la cible, semble ici tenir lieu de réflexion. C'est un peu pauvre pour le pays de Malraux. Pourquoi l'offre culturelle serait-elle incapable d'émerger sur la Toile ? Internet impose au cinéma, à la musique et au livre d'opérer leur révolution, et de faire émerger de nouveaux modèles économiques. Mais c'est par l'offre que cela arrivera, pas par l'impôt. jbjacquin@latribune.fr Jean-Baptiste Jacqu

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