Société Générale va regrouper ses actifs toxiques en France

Toujours occupée à tourner la page du subprime, Société Généralecute; Générale se prépare à regrouper l'essentiel de ses actifs toxiques en France, dans une structure dédiée. Hors produits dérivés, ces actifs présentent, selon nos informations, une valeur nominale de 45 milliards d'euros, pour une valeur comptable, après provisions, de 35 milliards. Ils seraient accompagnés de dérivés de taux et de crédit d'une valeur de 10 milliards à l'actif et 7 milliards au passif. Les portefeuilles concernés comprennent divers instruments de dette décotés, notamment les tristement célèbres CDO, qui ont perdu les bonnes grâces des investisseurs avec l'éclatement de la bulle du crédit. « Nos actifs illiquides sont gérés par une équipe unique depuis plusieurs trimestres afin de diminuer notre profil de risque?», a indiqué ce jeudi une porte-parole du groupe interrogée par «?La Tribune?». «?Ils étaient enregistrés sur plusieurs localités. Nous procédons à une centralisation opérationnelle sur Paris de ces actifs au sein d'une structure juridique unique pour réduire notre risque opérationnel. » Cette démarche n'est pas sans rappeler celle qu'ont déjà adoptée de nombreuses banques, notamment Natixis avec ses « portefeuilles cantonnés » et le Crédit Agricolegricole avec ses « activités arrêtées ». Le cantonnement vise à mieux contrôler les positions de marché concernées et les risques associés à ces actifs, avec l'idée de saisir les opportunités de se délester de certains de ces instruments au gré des conditions de marché, les autres étant gérés en mode extinctif. Dans le cas présent, certains des actifs concernés présentent une durée de vie de trente ans. D'un point de vue pratique, cette « bad bank » interne présentera l'avantage de rassembler à Paris, au sein d'un front office unique, la gestion de ces instruments dont une partie est aujourd'hui dispersée entre New York, Londres et même Sydney. Société Généralecute; Générale bénéficiera ainsi, selon nos informations, d'une intégration fiscale complète. En clair, elle pourra défalquer les pertes liées aux actifs toxiques de son bénéfice imposable en France.un projet en deux phasesLe projet, qui doit être présenté au comité central d'entreprise le 14 janvier, se déroulera en deux phases. Une filiale dénommée Inter Europe Conseil (IEC) sera d'abord vidée de ses activités, qui doivent être transférées à une autre structure, Génébanque, d'ici fin mars. IEC, choisie à cet effet car elle dispose déjà d'un agrément bancaire, récupérera ensuite les actifs toxiques, aujourd'hui logés dans le bilan de SG CIB, et sera entièrement dédiée à leur gestion. Une opération qui pourrait prendre jusqu'à fin juillet, voire fin octobre. « De tels transferts exigeraient le renouvellement des contrats avec les contreparties, qui sont le plus souvent conclus de gré à gr頻, indique un spécialiste.Benjamin Jullie

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