Sarkozy recadre le débat sur l'identité nationale

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Réussir à parler d'identité nationale même à l'occasion d'une conférence sur l'avenir du capitalisme, voilà un grand écart qui n'a pas fait peur à Nicolas Sarkozy. Intervenant hier au colloque « Nouveau monde, nouveau capitalisme » organisé par Éric Besson, le chef de l'État est venu au secours de son ministre en tentant de relever le niveau du débat sur l'identité nationale, enfermé depuis la mi-décembre dans une vive polémique politique empoisonnée par la question de l'immigration et de la place de l'islam en France.Il n'est « pas question d'arrêter » ce débat, a-t-il répondu à ceux qui, à gauche, mais aussi au sein de l'UMP, demandent au gouvernement d'y mettre un terme avant les élections régionales. Au contraire, il sera « enrichi » et « amplifi頻, sans doute jusqu'à l'été, voire la fin de l'année. Le président réinterviendra sur le sujet à la mi-février lors du point d'étape annoncé par Éric Besson, pour mettre l'accent sur d'autres valeurs.Nicolas Sarkozy en a dévoilé quelques-unes hier, faisant le lien avec l'économie. Quand on lutte contre le dumping social et environnemental, on ne fait pas du protectionnisme, on est « au c?ur du débat sur l'identit頻. « Pour éviter les crispations identitaires, il ne faut pas que le commerce soit régi par la seule logique marchande », a-t-il plaidé. Relevant que les nations ont retrouvé à la faveur de la crise « leur rôle protecteur » (« pas une entreprise ne s'est trompé de guichet » lorsqu'il a fallu éviter le désastre), il a affirmé que « l'identité n'est pas une pathologie », paraphrasant Claude Levi-Strauss, mais une question cruciale pour la confiance d'un peuple en lui-même. « Ouverture »« La force de notre identité est notre plus grand atout face aux défis du XXIe siècle », assure-t-il. En d'autres termes, il s'agit d'un débat « tourné vers l'avenir, vers le monde qui vient », ce n'est pas « le prélude à un repli et à une fermeture, mais au contraire la condition d'une plus grande ouverture ». C'est même selon lui une « question de civilisation », référence à la « politique de civilisation » qu'il avait lancée, lors de ses premiers v?ux, en janvier 2008. Philippe Mabille

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