L'Afrique courtisée par la France et la Chine

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Le continent africain fait l'objet de toutes les sollicitudes en ce début d'année. Le ministre des Affaires étrangères chinois, Yang Jiechi, et son homologue français, Bernard Kouchner, ont débuté presque simultanément une longue tournée africaine qui les conduira chacun, sans jamais qu'ils se croisent, dans près d'une demi-douzaine de pays chacun. Le ministre de l'Industrie et du Commerce indien, Anand Sharma, se rendra également le 12 janvier au Nigeria accompagné d'une forte délégation d'hommes d'affaires indiens.Tant pour ses matières premières que le développement de son marché intérieur, l'Afrique est perçue, pour reprendre l'expression du ministre sénégalais Karim Wade (voir ci-dessous) comme le « continent de toutes les opportunités ». La diplomatie et les entreprises chinoises ont fait depuis une décennie une percée spectaculaire sur le continent. La Chine ne découvre pas l'Afrique. Dans les années 1950, elle apportait son aide à plusieurs mouvements de décolonisation en Algérie, en Angola ou encore en Rhodésie du Sud (aujourd'hui Zimbabwe).débouché importantLes motivations de Pékin sont aujourd'hui davantage mercantiles qu'idéologiques. La nouvelle « usine du monde » s'efforce de sécuriser ses approvisionnements en matières premières. Le continent, immensément riche en pétrole et en minerais, constitue une cible de choix. Mais il constitue aussi pour les entreprises chinoises un débouché important.Les échanges commerciaux entre la Chine et l'Afrique ont connu une progression spectaculaire au cours de la dernière décennie, passant de 5,5 milliards de dollars en 1998 à 106,8 milliards en 2008. La Chine est aujourd'hui le deuxième partenaire commercial de l'Afrique, derrière les États-Unis, mais devant la France. Les investissements chinois ont également progressé de 70 % sur les neuf premiers mois de l'année 2009 pour atteindre 875 millions de dollars. Le chef de la diplomatie chinoise est arrivé jeudi au Nigeria, un pays riche en pétrole, où les grandes compagnies pétrolières chinoises ont obtenu plusieurs permis pétroliers importants. Mais la Chine est également très présente dans le financement et dans la construction d'infrastructures, notamment de transport. Au Kenya, Yang Jiechi s'est ainsi engagé à participer au financement de la construction d'une route et d'une voie ferrée permettant de relier le Sud Soudan, riche en pétrole, et l'Éthiopie au nouveau port kenyan de Lamu.de lourds investissements« Pour que l'Afrique décolle, il est très important de construire des infrastructures permettant aux pays africains d'avoir des échanges commerciaux à large échelle », a indiqué Yang Jiechi à l'issue de son entretien avec le président kenyan Mwai Kibaki. Tous les grands bailleurs de fonds traditionnels s'accordent sur le fait que le décollage économique de l'Afrique exige de lourds investissements dans les infrastructures. Les gouvernements africains apprécient la grande réactivité de la Chine (voir ci-dessous).Les relations ne sont pas toujours idylliques non plus. En Tanzanie, en Algérie ou encore au Nigeria, les entreprises chinoises ont été vertement critiquées pour leurs pratiques sociales ? parfois jugées d'un autre âge ? ou leur incapacité à livrer les projets en temps et en heure. Mais la Chine sait aussi se montrer généreuse. Alors que l'aide des bailleurs traditionnels se raréfie, le Premier ministre chinois Wen Jiabao a promis lors du Forum Chine-Afrique de Charm-el-Cheikh (Égypte) 10 milliards de dollars de prêts bonifiés. nLe continent africain , immensément riche en pétrole et en minerais, constitue une cible de choix.

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