« Rendre la littérature aussi populaire que le cinéma »
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Comment sont nées les Éditions du Moteur ?En tant qu'auteur, j'avais envie de créer un espace où les écrivains puissent publier des textes courts. Aujourd'hui, seule la presse le permet. Or la nouvelle est loin d'être un sous-genre. Laure et moi voulions lui redonner ses lettres de noblesse.Mis à part les textes courts, quelle est la particularité des Éditions du Moteur ?Chaque histoire doit pouvoir être adaptée au cinéma. D'ailleurs, sur le plan juridique, nous sommes assimilés à une boîte de production. Mars a par exemple acheté les droits de « Bernard », le roman de David Foenkinos. Nous pouvons donc, nous-mêmes, commencer à travailler sur des scénarios. Je vis cette collection comme une banque d'histoires diffusées aussi bien en librairie qu'en Relais H. L'idée c'est de rendre la littérature aussi populaire que le cinéma. De faire de la qualité pour quelque chose qui se lise aussi vite que l'on regarde un film. D'un point de vue esthétique, nous avons choisi un format à l'italienne qui rappelle le cinémascope et opté pour le code couleur de « l'entertainment ». Nous avons énormément travaillé sur l'aspect de cette collection, notamment avec un imprimeur de livres d'art. Ainsi, chaque ouvrage ? vendu 10 euros, le prix d'une place de cinéma ? sera cousu, ce qui est rarissime aujourd'hui. C'est à nos yeux important que ces livres soient beaux.Comment avez-vous choisi vos auteurs ?Par coup de foudre. Nous avons choisi chacun de nos auteurs pour ce qu'il est, qu'il s'agisse de David Foenkinos que je connaissais ou de Yasmina Khadra (« la Longue Nuit d'un repenti », parution en mars) que nous n'avions jamais rencontré. Autre coup de foudre, Salim Bachi (« le Grand Frère », parution en mars). Il a un talent fou, une écriture moderne, crue et poétique à la fois, sans concession. Tous ces auteurs sont confirmés. N'étant pas des éditeurs au sens classique, nous ne prétendons pas dénicher des talents.Quel est à vos yeux l'avenir de l'édition française ?Nous avons en France des auteurs formidables comme Delphine de Vigan, Emmanuel Carrère ou Olivier Adam. Sans parler des dix que nous éditons cette année. Je crois à l'avenir du livre mais revisité, pensé autrement. Et je crois que le format court sera alors très prisé. Nous pensons également à une bibliothèque électronique, pour des auteurs moins connus.Propos recueillis par Yasmine YoussiN'étant pas des éditeurs au sens classique, nous ne prétendons pas dénicher des talents.
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