La zone euro prise dans un étau

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Pour la première fois en plus de huit mois, l'euro est tombé sous 1,36 dollar vendredi. Une bonne nouvelle pour les exportateurs européens, sauf que le recul de la monnaie unique se double d'une chute des marchés d'actions et d'une hausse du coût de financement de la Grèce, du Portugal et de l'Espagne. Depuis quelques jours, les spéculateurs s'en donnent à coeur joie. À mesure que montent les inquiétudes sur la situation générale des finances publiques, ils testent la solidité de la zone euro en attaquant ses maillons faibles. Une des idoles des marchés, l'économiste américain Nouriel Roubini, n'a-t-il pas évoqué il y a quelques jours une possible « scission de l'Union monétaire » ? « Si la Grèce fait faillite, c'est un problème pour la zone euro, mais si l'Espagne fait faillite, c'est un désastre », a-t-il averti.La défaillance d'un des pays du « club med », notamment du plus chancelant d'entre eux, la Grèce, Bruno Cavalier, chef économiste chez Oddo n'y croit pas. « En cas de vraie difficulté pour Athènes à lever des fonds, je suis persuadé qu'une solution serait trouvée à l'échelle de la zone euro, sous la forme d'un emprunt doté de la garantie d'autres pays par exemple. L'enjeu est trop important », estime-t-il. Mais par leurs pressions sur l'euro et la prime qu'ils exigent pour financer des États qui en ont grand besoin ? en quatre mois, le coût de financement de la Grèce a augmenté de 2 % ! ?, les spéculateurs placent la deuxième puissance économique mondiale par son produit intérieur brut (PIB) devant ses faiblesses : l'absence d'un gouvernement européen et la rigueur du traité de Maastricht qui exclut la solidarité inter-État. De la réunion des chefs d'État européens jeudi prochain, les marchés attendent une réponse politique à cette crise de confiance. Faute de quoi, les capitaux les plus volatiles, le « hot money » qui fait et défait quotidiennement les taux d'intérêt et les cours de Bourse, risquent de déserter l'Europe. La Bourse de Paris, particulièrement ouverte aux fonds d'investissements anglo-saxons, a déjà fait les frais de cette défiance internationale en chutant plus lourdement que ses voisines à la veille du week-end.scénario catastrophe« Comme toujours lors d'une crise de confiance, le danger réside dans son effet auto-réalisateur : les marchés redoutent une défaillance de la Grèce, qui a plus de chance de se produire si Athènes doit emprunter à 7 % au lieu de 4,5 % », commente Jean-Louis Mourier, économiste chez Aurel BGC, qui ne croît pas pour autant au scénario catastrophe. Néanmoins, la décision du Parlement portugais vendredi de rejeter le plan d'austérité du gouvernement socialiste risque de nourrir un peu plus les inquiétudes concernant les maillons faibles de la région. Réunis samedi au Canada avec leurs homologues du G7, les ministres des Finances européens ont promis à leurs partenaires qu'ils s'assureraient que la Grèce réduirait bien son déficit d'ici à la fin 2012. Sachant que le surendettement public n'est pas l'apanage de la zone euro. Le Royaume-Uni et les États-Unis sont menacés de perdre leur note AAA. Et les économistes de la banque Barclays sont formels : eux aussi feront face tôt ou tard à une très forte hausse de leur coût de financement sur les marchés.

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