Le pétrole revient au niveau qui avait précédé la bulle de 2008

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Les cours du brut prennent l'ascenseur sur les principales places de négoce des hydrocarbures. Ils ont touché un plus-haut depuis 18 mois à 87 dollars cette semaine, et ne s'effritaient que très modérément hier, avec un baril de WTI à 86,50 dollars pour la livraison rapprochée. Ils ont une nouvelle fois très bien supporté l'envol des réserves américaines. Les stocks de brut sont en effet au plus haut depuis 10 mois. Pourtant, les cours évoquent plutôt le début 2008, lorsque la bulle ayant amené les cours à 147 dollars prenait de l'ampleur. Les prix actuels ont déjà effacé tout souvenir de la baisse de la consommation d'hydrocarbures provoquée par la plus grave récession depuis les années trente. En 2010, l'Europe et le Japon continueront pourtant d'en brûler un peu moins. Et si les signaux émis par l'économie américaine continuent de sonner la reprise, ses besoins quotidiens en brut - 22% de la demande mondiale - devraient, au mieux, s'étendre de 0,2 million de barils à en croire l'Agence internationale de l'énergie. À titre de comparaison, le secteur aérien américain brûle 1,5 million de barils de kérosène par jour. Barclays Capital, l'une des banques les plus influentes de la scène pétrolière, balaie toute contradiction dans cette envolée. Argument choc ? « Les prix du pétrole ne sont plus marqués du sceau made in USA ». Et la banque londonienne de rappeler que depuis septembre, les besoins quotidiens de la Chine, de l'Asie du Sud-Est et du Moyen-Orient sont supérieurs de près de 2,5 millions de barils à ceux affichés douze mois plus tôt, une demande additionnelle supérieure à ce que pompe le Nigeria. « En hausse de 20 % sur douze mois, la demande chinoise apparente a touché un sommet en février », clame en écho la banque Morgan Stanley. Pour Barclays, la demande galopante de ces pays représente « le coup de grâce» asséné «aux derniers résistants» défendant l'idée que le prix du pétrole ne reflète pas un nouvel équilibre entre offre et besoins mondiaux. « Ces derniers mois, les comparaisons d'une année à l'autre restaient trompeuses: début 2009, l'industrie chinoise tournait au ralenti», rétorque Olivier Jakob, responsable du bureau de recherche indépendant Petromatrix à Zoug. Enfonçant le clou, ce dernier note que «l'accélération des achats asiatiques en 2009 a été rendue possible par un prix limité à 62 dollars... pas par les 85 dollars actuels ».paris à la hausseL'influence des traders reste à l'oeuvre, sans que l'on en mesure précisément l'impact sur le prix de la principale source d'énergie. En dépit des exigences accrues de « traçabilit頻 imposées par la CFTC, l'agence américaine surveillant les marchés à terme. Cette dernière observe que les paris à la hausse des firmes considérées comme de « gros spéculateurs » ? hedge funds, fonds « ETF » ? n'ont jamais été aussi importants depuis le début de l'année. Les banques orchestrant les placements pétroliers des fonds de pensions ? via les contrats «swaps» ? accroissent elles aussi leurs achats pour le compte de ces institutions. Et restent promptes à leur assurer que les cours ne peuvent que monter.

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