Les chaînes publiques prennent enfin le train de la télé-réalité

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Snobant jusqu'ici la télé-réalité, France Télévisions a fini par franchir le pas cette année. Ce n'est pas vraiment une surprise, son président, Rémy Pflimlin, avait prévenu, en se voyant confier les rênes du groupe l'été dernier, qu'il n'avait pas d'opposition de principe à la télé-réalité. Mais à condition que le programme respecte l'individu et la diversité, avait-il averti. Or, comme le pointe le cabinet NPA Conseil dans une étude consacrée aux 10 ans de la télé-réalité, ce genre télévisuel lancé officiellement en France en avril 2001 avec « Loft Story » est aujourd'hui « devenu incontournable ».Omniprésente sur les chaînes, des plus grandes aux plus petites, la télé-réalité est aussi « devenue multiforme », souligne Philippe Bailly, de NPA. Du « Loft » et ses scènes aquatiques olé-olé à un « Top Chef » très encadré, les similitudes sont difficiles à trouver. Pourtant, les codes de la télé-réalité sont bien là : starification d'anonymes, mise en scène de l'émotion et dramatisation, interactivité du téléspectateur... Née dans le jeu télé, la télé-réalité s'est petit à petit immiscée dans presque tous les genres, au point de contribuer à renouveler leur écriture.À France Télévisions, le choix a clairement porté sur « la découverte et le sociétal », souligne NPA. France 2 s'est lancée la première avec « Une semaine sans les femmes ». Un « docu-réalité d'immersion » qui mettait en scène la vie d'une quarantaine de maris abandonnés une semaine par leur épouse. Dans une société française où 80 % des tâches ménagères sont effectuées par les femmes, le concept a bien marché avec 3,7 millions de téléspectateurs, soit 14 % de part d'audience. Dans la même veine, France 3 va exploiter le filon culinaire avec « Repas de famille » tandis que France ô peaufine « Dance St », un concours de talents sur la danse urbaine.Sujets tabous à explorerPour NPA, la télé-réalité a su se réinventer et a encore de beaux jours devant elle. D'autant que des thématiques n'ont toujours pas été abordées à la télévision française comme la politique ou le travail. Dans l'Hexagone, « le business et l'argent demeurent des sujets tabous mais ils pourraient toutefois être explorés via une approche solidaire comme la réinsertion ou le changement de vie », souligne l'étude.Quant à TF1, ce n'est pas l'échec cinglant de « Carré Viiip » qui va lui faire baisser les bras. La Une prépare une émission de télé-réalité consacrée au mariage, baptisée « Quatre mariages et une lune de miel », adaptée du format britannique « Four Weddings » qui s'est exporté dans une dizaine de pays. Sandrine Bajo

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