Comment Corsair veut redécoller

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Bien plus qu'une restructuration, c'est une métamorphose que veut mener Corsair. Au-delà d'une vigoureuse réduction de coûts, qui va entraîner la suppression du quart des quelque 1.500 postes de la compagnie aérienne de Nouvelles Frontières (filiale du géant du tourisme TUI), le plan Take off 2012 annoncé au printemps constitue un vrai virage sur l'aile par rapport à la stratégie menée jusqu'içi et qui s'est soldée par un échec (voir « La Tribune » du 6 avril 2010). Avec des pertes de plusieurs dizaines de millions d'euros, Corsair est cliniquement morte. « Il s'agit d'une transformation globale de la compagnie. Actuellement, celle-ci repose sur un modèle hybride mi-régulier, mi-charter. Il faut la transformer en compagnie complètement régulière, axée sur les destinations loisirs long-courriers, avec un excellent rapport qualité prix », explique à « La Tribune » le nouveau directeur général de Corsair, Pascal de Izaguirre. Un pari extrêmement compliqué étant donné l'image dégradée de cette compagnie, dont les Boeing 747-400 de près de 582 sièges sont souvent assimilés à des bétaillères par ses détracteurs. Alors que la flotte actuelle de six B747 et deux A330 va passer dans les deux ou trois ans à trois B747 et quatre A330, le nombre de places sera réduit d'une cinquantaine de sièges dans chacun des deux types d'avions. Ceci passera notamment par l'augmentation de taille de la classe Grand Large qui sera améliorée (pour ressembler à la classe intermédiaire entre la classe affaires et économique d'Air France) afin d'attirer les PME-PMI, le personnel des administrations...Miami et Montréal en questionUn exemple de l'élargissement de la base commerciale qu'entend mener Corsair, jusqu'ici focalisée sur la clientèle famille.Les services à l'aéroport d'Orly seront revus, le programme de fidélité et le site Internet améliorés. Mais la qualité passe aussi par le programme de vols, priorité aujourd'hui de Pascal de Izaguirre. « Le principe est simple : des vols directs aux mêmes horaires. Il faut éliminer les vols à doubles touchées [passant par exemple par Fort-de-France pour aller à Pointe-à-Pitre, Ndlr], précise cet ancien directeur général d'Air France, conforté dans ses choix par la hausse de 15 % des réservations observée cet hiver sur la Réunion après la décision d'effectuer la liaison avec des vols de nuit. « D'ici à fin août, le programme pour les trois prochaines années doit être finalisé. » Si les Antilles, La Réunion l'île Maurice, Madagascar resteront dans le réseau, le maintien de Miami et de Montréal est en question. Les départs de province sont menacés aussi. D'où l'intention de signer un accord avec la SNCF pour acheminer les clients des régions vers Paris. Mais aussi avec des compagnies aériennes européennes ou extra-europénnes. Pour plusieurs experts, la réussite de ce projet passera forcément par un changement de marque.

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