La finance islamique veut grandir dans l'immobilier d'entreprise en France

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Que peuvent bien avoir en commun le siège d'Alstom à Saint-Ouen et celui de Peugeot à Vélizy ? Tous deux ont été achetés par le fonds de Barhain Gulf Atlantic Fund en 2003, et sont aujourd'hui détenus par Barwa Real Estate Company, un fonds du Qatar... Encore relativement marginal, l'investissement en France des fonds islamiques dans l'immobilier, dit « charia compatible », ne demande qu'à grandir. « Aucune statistique exhaustive ne permet de quantifier précisément le volume de ces opérations immobilières en France, mais on peut raisonnablement estimer que le volume cumulé de ces investissements réalisés de 2003 à 2008 représente un peu moins de 3 milliards d'euros, pour une cinquantaine de transactions (actifs unitaires) », estiment les auteurs d'un livre blanc sur le sujet de DTZ AM et Norton Rose LLP. Selon eux, le marché hexagonal dispose d'un important potentiel pour ces investisseurs : «Si la France parvient à adopter les outils juridiques et fiscaux plus adaptés à ce type de finance (à noter que six nouvelles instructions fiscales devraient paraître prochainement en vue d'obtenir une égalité de traitement entre finance traditionnelle et islamique), on peut espérer que le poids de l'immobilier islamique décuplera pour atteindre les niveaux de la Grande-Bretagne ». Ce type d'investissement « charia-compatible » s'est jusqu'à présent développé dans le sillage des investissements globaux faits par les intervenants du Moyen-Orient dans l'immobilier d'entreprise.1,6 milliard venant du QatarIl existe environ 300 fonds islamique dédiés à l'immobilier dans le monde, notamment aux Etats-Unis et en Europe. En France, cependant, seuls les qataris sont pour l'heure réellement présents. L'Institution Bancaire du Qatar a investi pour 900 millions d'euros, les fonds d'investissement du Qatar pour 1,6 milliard au total. Le fonds Barwa Real Estate est d'ailleurs à l'origine de la transaction la plus significative dans ce domaine, à savoir l'acquisition conclue en 2007 du luxueux « Centre de conférences de Paris » pour près de 450 millions. Par comparaison, le montant des capitaux venant de Bahrain et de Dubaï est encore faible, avec respectivement 200 et 100 millions d'euros investis. Marjorie Bertouille

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