Le « pasteur » Stephen Green quitte la présidence de HSBC...

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Le pasteur face au flambeur. Difficile de faire personnalités plus antinomiques pour des emplois aussi similaires à la tête de l'industrie bancaire britannique. Ce mardi, Barclays et HSBC ont annoncé un changement de leur patron, chacun au style très différent.Chez Barclays, Bob Diamond, grande gueule et amateur de bonus gigantesques, qui dirige sa branche banque d'investissement depuis treize ans, va prendre la direction générale de l'ensemble du groupe en mars 2011 (lire ci-contre). Chez HSBC, Stephen Green, président exécutif depuis 2006, pasteur anglican à ses heures perdues, l'un des banquiers qui a le plus critiqué les excès de sa propre profession, a annoncé qu'il allait devenir secrétaire d'État britannique au Commerce à partir de janvier prochain. Son successeur devrait être annoncé d'ici à la fin de l'année. La nomination de Stephen Green est un véritable « coup » pour David Cameron. Cela faisait quatre mois que le Premier ministre britannique cherchait un secrétaire d'Etat au Commerce, pour prendre la succession de Mervyn Davies, qui avait ce rôle sous Gordon Brown, et qui était lui-même l'ancien président de la banque Standard Chartered. Un président d'une banque britannique tournée vers l'Asie succède donc au président d'une banque britannique tournée vers l'Asie. « C'est une bonne nouvelle pour la Grande-Bretagne », estime David Buik, analyste à BGC Partners, qui estime que HSBC est « la banque la mieux gérée au monde ».argent et moraleDu point de vue du gouvernement britannique, Stephen Green est l'un des rares banquiers qui ne soit pas devenu politiquement toxique. Âgé de 61 ans, il a mené l'essentiel de sa carrière chez HSBC, qu'il a rejoint en 1982 (il a notamment dirigé la banque d'investissement, avant d'être son directeur général entre 2003 et 2006, puis son président). S'il a fait de son institution un mastodonte international, il a aussi su garder un profil bas. Peu présent dans la vie mondaine, prêchant le dimanche à l'église St Barnabas à Londres ? quand il n'est pas en voyage à l'étranger, c'est-à-dire l'essentiel du temps- il a osé remettre en cause sa profession avec la crise. Dans un livre intitulé « Good value », il dénonçait « la crise de confiance » que les banquiers avaient provoquée.Pas question cependant pour cet homme d'opposer argent et morale, mais de savoir comment réconcilier les deux. Il a touché en 2009 un salaire de presque 2 millions de dollars. Les cinq banquiers les mieux payés de son groupe se sont partagé cette année un total de 58 millions de dollars. HSBC a doublé son bénéfice avant impôts à 11 milliards de dollars au premier semestre, tiré par l'Asie. En plus de l'argent et la morale, Stephen Green va désormais pouvoir ajouter un troisième élément à ce mélange explosif : le pouvoir. n

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