Henri de Castries obtient les pleins pouvoirs chez Axa

AssuranceLe conseil de surveillance d'hier marque une date historique pour le groupe Axa. Il a en effet décidé de se saborder en abandonnant la structure de gouvernance duale du groupe (conseil de surveillance et directoire) au profit d'une structure unique à conseil d'administration. Henri de Castries, président du directoire depuis 2000, sera le futur président-directeur général. L'actuel directeur financier, Denis Duverne, deviendra directeur général délégué. Quant à Jacques de Chateauvieux, le président du conseil de surveillance depuis avril 2008, il fera partie du futur conseil d'administration. La nouvelle organisation sera soumise à la prochaine assemblée générale des actionnaires, le 29 avril 2010, pour une entrée en vigueur immédiate. Les mandats des membres actuels du directoire qui arrivent à échéance dimanche 11 octobre ont été renouvelés jusqu'en avril.« Cela signifie qu'Henri de Castries continue à s'impliquer dans le développement du groupe, c'est un engagement de long terme », se félicite-t-on chez Axa, où l'on aime à souligner qu'une telle longévité pour un président n'est pas si courante. « Nous avons beaucoup d'ambitions pour Axa, et je suis heureux de pouvoir m'engager à les mener à bien au cours de ces prochaines années », a déclaré celui qui aurait refusé un poste de ministre il n'y pas si longtemps pour rester à la tête de l'entreprise où il a passé l'essentiel de sa carrière.Arrivé à maturitéCes pleins pouvoirs peuvent se comprendre comme une juste récompense alors que l'assureur multinational qu'il dirige a su traverser sans encombre majeur une crise financière de grande ampleur. Ils sont aussi un signe de maturité du groupe. La gouvernance duale avait été choisie, en 1997, pour faciliter la fusion entre Axa et l'UAP, acquise fin 2006. À l'époque, Jacques Friedmann, ex-patron de l'UAP, était le président du conseil de surveillance alors que Claude Bébéar occupait le fauteuil de président du directoire. « Aujourd'hui, les membres du conseil de surveillance sont au fait du fonctionnement du groupe et plus à même de contribuer à la stratégie », explique-t-on en interne. Ces administrateurs font figure de « candidats légitimes » à la douzaine de sièges à pourvoir au sein du futur conseil d'administration dont la liste n'est pas encore arrêtée. Cette nouvelle gouvernance donnera par ailleurs au groupe une plus grande réactivité « pour faire face aux défis futurs », selon ses propres termes.Jacques de Chateauvieux, choisi par Claude Bébéar pour lui succéder, a joué un rôle moteur dans ce changement de gouvernance. Dès sa prise de fonctions, cet entrepreneur familial avait soulevé la question de la gouvernance, insistant sur le caractère plus simple et plus responsable de la structure à conseil d'administration. La faible durée de son mandat (deux ans en avril) comme président du conseil de surveillance d'Axa ne semble pas lui poser problème, au contraire, car il a déjà un emploi du temps chargé comme patron opérationnel du groupe Bourbon. « Jacques de Chateauvieux avait prévu de consacrer un quart de son temps à Axa. Avec la crise, il y a consacré bien davantage », raconte un proche. Dans un entretien à « La Tribune » le 31 août, il avouait qu'Axa, comme toute les entreprises, se devait de revisiter sa stratégie, son mode d'organisation et sa gouvernance.

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