Silvio Berlusconi se prépare à des élections anticipées

Non contente d'afficher une croissance de seulement 1 % cette année et l'an prochain, selon les prévisions du FMI, la troisième économie de la zone euro est tributaire d'une situation politique très instable. Une semaine après avoir remporté un vote de confiance, Silvio Berlusconi multiplie certes les déclarations apaisantes sur le maintien de son gouvernement jusqu'à la fin de la législature en 2013. Mais le président du Conseil italien ne dissipe pas le spectre d'une dissolution anticipée du Parlement, sa majorité se délittant. Les trente-quatre députés proches du président de la Chambre Gianfranco Fini qui, en juillet, a été débarqué du parti du Peuple de la Liberté (PDL), sont en effet sortis renforcés de l'épreuve du vote de confiance. Rassemblés dans le groupe Futur et Liberté (FLI), ils ont démontré que leurs voix étaient nécessaires pour dégager une majorité et s'apprêtent désormais à présenter une nouvelle formation. Se voulant le porte-parole d'une droite moderne, attentive à l'unité nationale, à la légalité ou encore aux droits des immigrés, Gianfranco Fini a expliqué : « Nous ne savons pas ce que nous réserve l'avenir. Nous devons nous tenir prêts à des surprises éventuelles. » En clair, des élections anticipées décidées par Silvio Berlusconi pour tuer dans l'oeuf FLI (qui, selon les sondages, recueillerait entre 3 % et 7 % des suffrages) avant que la formation ne se structure davantage.De son côté, Gianfranco Fini continue de soutenir qu'il n'entend pas faire tomber le gouvernement mais uniquement représenter un troisième « pilier de la majorité » aux côtés du PDL et de ses alliés populistes de la Ligue du Nord. Lassitude du patronatReste que Silvio Berlusconi se méfie désormais de Gianfranco Fini et le soupçonne de vouloir multiplier les embuscades au Parlement afin de lentement l'affaiblir. Le président du Conseil redoute notamment que FLI bloque les projets de loi qui lui permettraient d'échapper aux poursuites judiciaires et s'accorde avec l'opposition de gauche pour modifier la loi électorale. Pour préparer toute éventualité et un retour aux urnes, le Cavaliere a mobilisé des « teams de la liberté » qui font figure de comités électoraux, tout en assurant vouloir relancer l'action gouvernementale... « Le fédéralisme fiscal sera approuvé d'ici mars » a-t-il promis jeudi après avoir, le 4 octobre, nommé, en la personne de Paolo Romani, un nouveau ministre de l'Industrie, poste qui était vacant depuis 153 jours. Quoi qu'il en soit, le patronat est las de ces jeux politiciens. « Le pays a perdu le sens de la responsabilité institutionnelle » a par exemple lâché samedi, le patron de Fiat, Sergio Marchionne « quelqu'un a dû ouvrir les portes du zoo et tous sont sortis (...). C'est une honte. » n

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