Les Vingt-Sept invités à taxer plus la finance

Plus taxer la finance, oui, mais à condition de s'en prendre aux profits et pas aux transactions. Telle est en résumé la position que le commissaire européen Algirdas Semeta défendra le 19 octobre devant les ministres de Finances. Le secteur financier est « sous-taxé », a-t-il par ailleurs assuré, invitant les Vingt-Sept à aller de l'avant pour augmenter sa contribution à la résorption des déficits publics.Le commissaire Semeta plaide depuis des semaines pour une taxe, au niveau européen, sur les activités (notamment les profits des établissements bancaires) et non sur les transactions, au risque de prendre à contre-pied la vague politique montante en faveur d'un impôt sur les transactions au niveau des Vingt-Sept ou de l'eurozone.En juillet, le ministre fédéral allemand des Finances Wolfgang Schäuble avait fait part au Bundestag de son intention de pousser une initiative, au niveau européen, en faveur d'une taxe sur les transactions, avant de signer une lettre commune avec son homologue française Christine Lagarde allant dans ce sens. « La taxation des transactions financières est un instrument adapté pour lever des fonds au niveau mondial », leur répond aujourd'hui la Commission qui craint de voir les flux financiers quitter l'Europe à défaut de coordination mondiale. Le président de la Banque centrale européenne (BCE), Jean-Claude Trichet, a lui-même récemment évoqué ce risque.« Capturer une partie de la rente ?»Au Parlement européen, le Parti populaire européen (PPE), les sociaux-démocrates et les écologistes plaident de concert pour une taxe sur les transactions au niveau européen à défaut de pouvoir la mettre en place au niveau mondial.La taxation des activités financières, qui a donc la préférence de la Commission, permettrait de lever entre 5 et 26 milliards d'euros par an selon l'assiette retenue. L'objectif doit être, selon une source interne, « de capturer une partie de la rente » du secteur. Le Commissaire Semeta, qui appelle à « plus de coordination entre États membres », ne présentera ses propositions qu'à l'été 2011. Alors que la plupart des pays européens sont déjà en train de revoir leur régime de taxation, les disparités risquent donc de s'aggraver d'ici à la concrétisation de toute initiative européenne. D'après la Commission elle-même, l'Italie lève déjà 36 milliards d'euros, soit 2,3 % de son PIB, auprès de son secteur financier, contre, par exemple, 11 milliards d'euros (0,55 % du PIB) en France.Yann-Antony Noghès, à Bruxelle

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