Barack Obama veut muscler les mesures pour les sans-emploi

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États-unisOù sont les jobs ? » : la question risque de devenir un leitmotiv à l'approche des élections législatives de mi-mandat, en novembre 2010. L'élan de la présidentielle passé, le parti dominant voit traditionnellement sa majorité s'éroder à cette occasion. Mais, cette fois-ci, la tendance pourrait se renforcer ? au point de devenir une véritable punition pour les démocrates. Et cela parce que les efforts entrepris pour relancer l'économie ne créent pas ? ou pas encore ? d'emplois. Le phénomène est certes connu : c'est ce qu'on appelle la « jobless recovery ». À l'occasion de la reprise qui a suivi la récession de 1991, il a fallu attendre vingt et un mois avant que les créations de postes ne repartent. Et dix-huit mois après la récession de 2003. Si le scénario se répète, cela voudrait donc dire que de nouveaux jobs ne seront pas au rendez-vous pour les législatives. Reste que l'argument du « déjà-vu » aura du mal à porter auprès des électeurs, de même que celui du « cela aurait été pire sans les efforts des démocrates »?Du coup, alors que, selon les statistiques publiées en fin de semaine dernière, le taux officiel du chômage a encore grimpé d'un cran, pour passer à 9,6 % en septembre, son plus haut niveau depuis vingt-six ans, l'administration Obama réfléchit à renforcer les mesures en faveur des chômeurs pour les mois qui viennent, puisqu'il est clairement plus simple de les protéger que de stimuler les créations de postes. Et ce, d'autant plus que les spécialistes, tel Mark Zandi, proche de l'équipe Obama, chez Moody's Economy.com, estiment que le marché de l'emploi devrait continuer à se dégrader, le niveau du chômage devant atteindre 10,5 % en juin prochain. Depuis décembre 2007, la crise aura alors détruit un total de 9 millions d'emplois ? contre 7,2 millions pour l'instant. Alors que Barack Obama avait promis, en signant le plan de relance, que les mesures incluses dans le texte permettraient de créer ou de sauver pas moins de 3,5 millions d'emplois sur deux ans et de contenir le chômage sous la barre des 8 %, ces estimations le font décidément mentir? nouveau crédit d'impôt Les démocrates au Congrès envisagent donc d'allonger le versement des allocations chômage, pour les porter à un an et demi, contre un minimum d'un peu plus de six mois dans la plupart des États actuellement ? cela s'est déjà fait dans le passé à l'occasion de crises économiques ou spécifiques comme les attentats du 11 septembre 2001. Les élus sont en cela guidés par les dernières statistiques, faisant état d'une durée moyenne du chômage de 26,2 semaines à l'heure actuelle et d'une progression significative du nombre d'individus sans emploi depuis plus de six mois. Du jamais vu depuis? 1948 ! Dans la même veine, les parlementaires réfléchissent à maintenir un autre filet de sécurité, celui de l'assurance-maladie (souvent fournie et cofinancée par l'employeur), qu'un chômeur peut conserver grâce à un programme fédéral ponctuel, appelé à expirer à la fin de cette année. En outre, les élus au Congrès se penchent sur un nouveau crédit d'impôt individuel pour les primo-accédants à la propriété, afin de doper le marché immobilier, la précédente mesure arrivant à échéance fin novembre. Ils envisagent également un amortissement plus généreux des pertes des entreprises et enfin un crédit d'impôt de 3.000 dollars pour chaque société qui créerait un emploi, une idée finalement retoquée dans le plan de relance. Si tout cela ne suffisait pas, certains n'excluent pas un nouveau plan de relance, pour l'instant démenti par l'administration.

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