Nicole Bricq : "Le juge de paix de la compétitivité, c'est la balance commerciale"

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/> -Aux dires des partisans d\'un choc de compétitivité, le plan annoncé représente un bon début, mais des réformes structurelles seront nécessaires. Notamment en matière de concurrence. Le gouvernement va-t-il les engager ? Nicole Bricq -Nous avons présenté un pacte conçu comme un plan de mobilisation générale en faveur de la compétitivité, de la croissance et de l\'emploi. Cela ne veut pas dire que d\'autres réformes ne suivront pas. Au contraire, le Premier ministre a indiqué mardi que la France devait s\'engager dans un effort national de réformes structurelles. Elles porteront sur l\'action publique dans son ensemble.  En outre, il faudra vendre à votre majorité le retour de la TVA sociale, que vous avez vous-même dénoncée pendant la campagne électorale...- Ce n\'est pas la même chose. Les hausses de TVA que nous prévoyons à partir de 2014 ne financeront qu\'un tiers du crédit d\'impôt accordé aux entreprises. En outre, les hausses sont modérées, et la TVA baissera au contraire sur les produits de première nécessité.Selon quels critères pourra-t-on juger que l\'action du gouvernement est efficace ? -Le juge de paix, c\'est le déficit commercial. Il mesure la plus ou moins bonne santé de notre économie.  Nous avons pour objectif de ramener la balance commerciale à l\'équilibre, hors énergie, d\'ici cinq ans. Cela représente un effort de 27 milliards d\'euros au moins, à fournir en matière d\'exportations et 1 milliard à l\'export, c\'est 10 000 emplois en France. C\'est de l\'industrie que peut venir le sursaut d\'exportations. Le plan du gouvernement la favorise-t-il suffisamment , en disséminant le soutien aux entreprises? -Il ne faut pas avoir une vision dépassée du fonctionnement de l\'économie. Entre l\'industrie et les services, il n\'existe plus de segmentation stricte. L\'industrie achète beaucoup de services : de la femme de ménage au designer, au bureau d\'études, la contribution du tertiaire au processus industriel est très forte. -Quels sont les moyens d\'action, pour relancer les exportations ? L\'ensemble du pacte de compétitivité y contribuera, bien sûr. Mais il y a aussi des mesures à prendre d\'encouragement à l\'exportation. Un problème est apparu depuis la crise de 2009, c\'est celui du repli des banques s\'agissant du financement de l\'exportation. Elles ont divisé par quatre leur activité de financement des équipements français à l\'export. Et elles font payer de plus en plus cher ces prêts. Voilà pourquoi nous allons mettre en place une garantie de refinancement des créances export, offerte aux banques. En contrepartie, celles-ci devront faire un effort sur les prix exigés des entreprises exportatrices. En faveur des grandes entreprises, nous allons créer un système de financement public direct, comme pratiqué par de nombreux pays européens (Allemagne, Italie, Suède...).L\'objectif est de permettre, pour des contrats importants, un financement à faible coût, notamment quand des concurrents étrangers disposent d\'un tel soutien financier exceptionnel. Nous offrirons également la possibilité d\'une extension des garanties COFACE qui pourrait passer de 95% à 100% dans l\'aéronautique.Enfin, nous allons faire en sorte que les PME et les Entreprises de taille intermédiaire (ETI) aient accès aux financements export. L\'objectif est de les démocratiser, que la BPI puisse distribuer à ces entreprises l\'ensemble des crédits de soutien à l\'export. Ce qui sera plus facile, si ceux-ci sont rationalisés. L\'Inspection des finances travaille sur le sujet, et proposera avant la fin de l\'année des pistes de simplification de ces dispositifs. Le pacte de compétitivité comporte aussi un volet attractivité fondamental : 40 % des exportations sont le fait d\'entreprises étrangères qui produisent en France et créent de l\'emploi. Nous devons rester en tête des pays attirant des investissements étrangers.-Mais les PME manquent souvent de surface financière, de fonds propres, pour pouvoir se développer à l\'international...-Nous nous attaquons à ce problème. Nous voulons renforcer le fonds propres des PME et ETI en plein développement, qui ont une volonté d\'exporter. Ce sera le rôle de la Banque publique d\'investissement, dont je souhaite qu\'elle dispose d\'une enveloppe spécifique de 150 millions d\'euros qui servira à prendre des participations dans des fonds d\'investissement ayant une composante export. Il s\'agit de fonds qui investissent dans des entreprises ayant des projets de développement à l\'étranger.-Quelles sont les branches industrielles susceptibles de renforcer leurs exportations ? Il faut prendre en compte la montée en puissance des couches moyennes dans beaucoup de pays émergents. Elles ont un appétit de consommation. Ce qu\'elles veulent, avant tout, c\'est se nourrir mieux, des produits de marque -il y a donc des marchés qui s\'ouvrent pour notre industrie agro-alimentaire- et s\'offrir tout ce qui touche au bien être. Les produits cosmétiques basés sur la nature, notamment, ont le vent en poupe. Mais il ne faut pas oublier les grands contrats liés à tout ce qui tourne autour de la « ville durable » ( transports de proximité, traitement des déchets, assainissement...) : il y a dans ce domaine une forte demande de la part des pays émergents, et donc des opportunités pour nos entreprises.           

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