Les laboratoires relancent la polémique sur la réduction des dépenses de santé

C'est devenu un passage obligé au moment des discussions sur le projet de loi de Financement de la Sécurité sociale (PLFSS). Les industriels de la pharmacie rappellent gentiment, mais fermement, aux pouvoirs publics qu'ils ne comptent pas servir de boucs émissaires. Cette fois, c'est par l'intermédiaire d'une étude du cabinet BIPE, à paraître ce lundi, que les cinq laboratoires français réunis au sein du G5 -Ipsen, Pierre Fabre, Sanofi-Aventis, Servier et le LFB- ont mené l'exercice. Réalisée en 2008 et 2009, l'étude souligne le poids de ces entreprises (5,8 milliards d'euros de ventes) dans l'économie française. En plus des 2,4 milliards d'euros d'investissements en recherche et développement et 1,1 milliard en brevets et licences, les laboratoires français paient quelque 2,5 milliards d'euros annuels de charges fiscales. Soit un total de 8,5 milliards d'euros en incluant les salaires, que les industriels comparent aux 4,4 milliards remboursés par l'assurance-maladie pour leurs médicaments. « Nous comprenons les impératifs de la Sécurité sociale, mais il faut aussi que les pouvoirs publics comprennent nos intérêts si l'on veut que la France conserve une politique industrielle de santé » indique un porte-parole du G5, qui employait 43.900 salariés dans l'Hexagone à la date de l'étude.DéremboursementsLes industriels s'émeuvent notamment des déremboursements, des limitations de volumes et de la disparition de plusieurs mesures incitatives (médicaments orphelins...), pour un total d'économies qu'ils chiffrent à 1,7 milliard d'euros. « Ces revendications ne sont pas nouvelles, mais elles s'appuient sur le hiatus grandissant entre la croissance économique, attendue à moins de 2,5 % en France, et la consommation de soins, qui augmente de 5 à 6 % par an », souligne l'économiste de la santé Jean-Jacques Zambrowski. Reste qu'avec une contribution de 23 % au marché du médicament remboursable en France (5,8 milliards d'euros de chiffre d'affaires remboursable), le G5 ne parle pas pour l'ensemble de la profession. « Nous réclamons des études d'impact avant les mesures de réduction des dépenses de santé. Par le passé, certains plans-médicaments ont touché davantage les entreprises françaises », pointe le G5. Les industriels ne sont pas seulement critiques vis-à-vis du système français. Ils louent le crédit d'impôt-recherche qui leur a rapporté 276 millions d'euros, soit 11 % de leurs investissements de recherche et développement hexagonaux. Et saluent le lancement, mardi 9 novembre, du comité de filière sur les industries de santé qui doit permettre « d'identifier deux à trois sujets porteurs pour l'industrie, en plus de la production de vaccins où nous sommes leaders mondiaux », indique le G5.

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