L'A400M sauvé par l'accord sur le financement des 5,2 milliards de surcoûts

L'un des chapitres les plus sombres de l'histoire de la jeune histoire d'Airbus devrait se refermer dans les prochaines semaines. Il ne reste plus, en effet, aux sept pays clients de l'A400M qu'à ratifier l'accord passé avec Airbus Military sur le financement des 5,2 milliards d'euros de surcoûts de ce programme qui a accumulé quatre ans de retard. Après de longues et difficiles discussions dans un contexte de réductions des dépenses budgétaires des États, les pays de lancement de cet avion (l'Allemagne, la France, le Royaume-Uni, l'Espagne, la Turquie, la Belgique, le Luxembourg) ont fixé les détails de l'accord de principe conclu le 5 mars. L'annonce a été faite vendredi soir à Toulouse par le ministre français de la Défense, Hervé Morin, pour qui « l'A400 M a définitivement décollé ». En mars, les États avaient décidé de payer 3,5 milliards d'euros de plus (2 milliards à travers une hausse de plus de 10 % du prix de l'avion et 1,5 milliard en aides à l'exportation). Le montage laissait 1,7 milliard d'euros à la charge d'EADS qui a provisionné plus de 4 milliards depuis les débuts des déboires en 2008, dont 1,8 milliard dans ses comptes 2009. Cette dernière provision serait d'ailleurs suffisante selon Airbus.Déboires industrielsLe contrat initial prévoyait de livrer 180 appareils aux sept pays pour un montant forfaitaire de 20 milliards d'euros à partir de 2009. Des objectifs rendus hors d'atteinte par toute une série de déboires industriels, rendant nécessaire la remise à plat du programme par un nouveau contrat. « Les États ont renoncé à réclamer les indemnités à Airbus et ont accepté une hausse du prix unitaire de l'avion de 11 millions par avion », a explique Hervé Morin, alors que le nombre d'appareils commandés a été réduit de dix, à 170, après la décision de l'Allemagne de ne prendre que 53 A400M, sept de moins que prévu. La France qui a commandé 50 appareils pour 8,4 milliards d'euros, prendra livraison du tout premier exemplaire début 2013, puis de sept autres en 2014. Pour peu que les essais en vol se déroulent bien. Avec la consolidation du programme, Airbus Military va pouvoir s'atteler à chercher des clients à l'export, dont le potentiel est estimé à 500 appareils au cours des trente prochaines années, dont 200 pour le marché américain. Des aménagements sont en cours d'étude pour proposer des créneaux de livraison à partir de 2016 à de nouveaux clients. F. G.

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