Et si AIG se faisait indemniser par l'Etat américain pour avoir été sauvé...

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Quel est le comble d\'un assureur sauvé de la faillite par l\'Etat? De lui réclamer une indemnisation pour l\'avoir sauvé... Cette devinette résume l\'histoire qu\'est en train de vivre la compagnie AIG.182 milliards pour sauver AIG de la faillite en 2008Les pouvoirs publics américains ont injecté en 2008 la bagatelle de 182 milliards d\'euros dans le premier groupe d\'assurance mondial de l\'époque, sous la forme de liquidités et de garanties, provoquant de fait sa nationalisation afin d\'éviter sa disparition. Mais certains actionnaires se disent aujourd\'hui spoliés par cette opération et réclament des milliards de dollars de réparation à l\'Etat. Moins d\'un mois après avoir terminé de rembourser les aides de l\'Etat et regagné son autonomie, le conseil d\'administration d\'AIG va en effet étudier mercredi 9 janvier la possibilité de s\'associer à une plainte réclamant... 25 milliards de dollars au gouvernement, selon le quotidien New York Times, au motif que les «actionnaires historiques» de la compagnie auraient été spoliés par la prise de contrôle publique. Les gains réalisés par les différentes entités publiques ayant secouru AIG ont, il est vrai, de quoi exciter des convoitises: 22,7 milliards de dollars dont 5 milliards pour leTrésor et 17,7 milliards pour la banque centrale (Fed).Le beurre et l\'argent du beurreDerrière ces «actionnaires historiques» se cache en fait l\'ex-patron et premier actionnaire du groupe, Maurice \"Hank\" Greenberg. Dès 2011, il avait engagé une plainte visant les pouvoirs publics. Si la démarche avait été classée sans suite par un tribunal de New York, la procédure suit toujours son cours à Washington.En somme, ces «actionnaires historiques» voudraient tous les avantages de l\'actionnariat sans aucun des inconvénients. Ils voudraient ne pas être pénalisés par les conséquences de la mauvaise gestion de la compagnie qui a conduit à laisser se développer, sans la contrôler, une filiale dédiée aux produits financiers dérivés à Londres qui a provoqué des pertes sidérales et menacé la survie du groupe tout entier. Mais ils voudraient aussi toucher les bénéfices du sauvetage réussi par l\'Etat et par le nouveau management qu\'il a mis en place. Quant aux pouvoirs publics, et aux contribuables, ils n\'auraient que le droit de jouer aux pompiers désintéressés. Reste à espérer une décision de bon sens du conseil d\'administration d\'AIG. Faute de quoi, nous aurons une fois encore la démonstration de la conception américaine bien étrange du libéralisme économique censé avoir fondé leur prospérité.

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