Et si on exportait vers... la Chine

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Les douanes françaises ont publié mercredi les derniers chiffres du commerce extérieur. Et comme si c\'était inéluctable, le déficit commercial s\'est creusé en juin. Pourtant, il est un gisement de profits vers lequel les entreprises françaises ne regardent pas assez... la Chine.  La deuxième économie mondiale tente aujourd\'hui un rééquilibrage de sa croissance et pourrait bien devenir un client pour nos entreprises exportatrices et plus particulièrement les PME.Les entreprises allemandes sont déjà sur le coupSelon un rapport publié par Eurostat en février, les exportations de l\'Union européenne vers la Chine auraient progressé de 21% sur les 10 premiers mois de 2011 par rapport à la même période en 2010. Et l\'Union des 27 pourrait devenir le principal exportateur vers la Chine d\'ici à 2016.Mais tous les pays de l\'Union européenne ne sont pas logés à la même enseigne. Et, sans surprise, c\'est l\'Allemagne qui en profite le plus. A elle seule, la première économie européenne représentait 48% des exportations de l\'UE vers la Chine en 2011. La France, en deuxième position, n\'en représentait alors que 10%. Et Rajiv Biswas, Chef économiste pour la zone Asie-Pacifique d\'IHS Global Insight, s\'étonne. Selon lui, seulement 12% des exportations françaises vont vers l\'Asie contre 61% vers l\'UE. Au niveau mondial, l\'Asie  absorbe 31% des exportations. Pour l\'économiste, les exportations françaises ont besoin de se réorienter. Car l\'Union européenne, qui traverse une «décennie perdue», ne suffit plus à les absorber. «Les multinationales françaises rencontrent déjà un vrai succès à l\'export vers la Chine, mais les opportunités pour les PME d\'y faire croître rapidement leurs exportations sont considérables», ajoute l\'économiste.« Un mal français »Jean-Claude Volot, Commissaire général à l\'internationalisation des PME, parle d\'un mal français. « Le problème, c\'est la structure même de l\'économie de la France, explique-t-il, 80% de nos exportations proviennent de l\'industrie, qui elle-même ne représente que 15% du PIB, nous sommes sur un fil tendu. »Un mal que Marc Hoffmeister, PDG de Classe Export et Président de la Commission internationale de la CGPME Rhône Alpes, explique par la petite taille des entreprises françaises. « Sur près de 100.000 entreprises exportatrices, 51 000 comptent moins de 10 salariés, demander à une TPE de prospecter en Chine c\'est trop lourd » constate-t-il. Si bien que « sur dix PME qui vont en Chine, huit reviennent bredouille » confirme Jean-Claude Volot.Bien déterminer la cibleToutes les entreprises ne peuvent pas espérer percer sur le marché chinois. Pour Jean-Claude Volot, tenter de copier le modèle allemand serait une erreur, car la Chine vise désormais son spectre de production, l\'automobile et les machines outil. Selon lui, il faut miser sur les industries du futur, car ce sont les entreprises à forte valeur technologique qui ont toutes les chances de tirer profit du rééquilibrage de la croissance chinoise. Et il est optimiste, « la classe des jeunes entrepreneurs, la génération des 30-35 ans, est très axée sur les nouvelles technologies et a l\'esprit directement mondialisé. »Henri Sterdyniak, directeur du département Économie de la Mondialisation à l\'OFCE, a confirmé dans une interview donnée mercredi à La Tribune la nécessité d\'investir dans les secteurs d\'avenir. Pour lui, « l\'Etat doit soutenir massivement l\'investissement dans les industries d\'avenir, celles de la transition écologique et de l\'innovation. »Soutien au capital investissementMais pour l\'heure « ce sont les PME et les TPE qui représentent le plus fort gisement de technologies innovantes, explique Marc Hoffmeister, et elles n\'ont pas les moyens d\'aller prospecter en Chine ni de fournir les quantités réclamées ». Pour le représentant des PME, le problème va plus loin que la question des réseaux et « l\'ennui est qu\'il n\'y a pas de soutien au capital développement pour les entreprises dont le chiffre d\'affaire est inférieur à 50 millions d\'euros, les banques sont trop frileuses ».Pour le représentant des PME, on peut faire sans l\'État, même s\'il attend de voir les propositions concrètes en ce qui concerne la création de la Banque publique d\'investissement (BPI), promise par François Hollande. Déjà, selon le rapport de la mission de préfiguration remis la semaine dernière par Bruno Parent, le soutien aux PME sera simplifié. CDC entreprises, le Fonds stratégique d\'investissement, l\'entreprise publique Oséo, la Coface et Ubifrance devraient fusionner. Reste à voir sous quelles modalités le guichet unique sera mis en place, et s\'il aura un effet positif sur la capacité des PME françaises à exporter. 

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