« Le gouvernement confond l'objectif et les moyens »

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Bertrand Monthubert, secrétaire national du PS à l'enseignement supérieur et à la rechercheQuel votre bilan tirez-vous de la loi LRU ?Il est globalement négatif et nombre de questions ne sont pas résolues : quelle organisation voulons-nous entre établissements de recherche et de proximité ? Quels liens établir entre le monde universitaire et les autres filières (classes prépa, BTS...) ? Quelle place donner aux différentes composantes de l'université ? En fait, la LRU a créé des difficultés car elle est basée sur un schéma d'hyperconcentration des pouvoirs d'un point de vue administratif et académique et conteste les instances de régulation. Résultat, elle est appliquée différemment d'une université à l'autre. Par ailleurs, l'autonomie n'est que relative à cause notamment des modalités de financement des autres initiatives en cours tels l'opération campus ou le grand emprunt dont les dotations dépendent du bon vouloir de jurys. Bref, il faut être un bon petit soldat.Comment analysez-vous la décision du Conseil constitutionnel ?La réserve émise au sujet du droit de veto du président d'université, qui l'exclut de toute décision concernant la politique pédagogique et scientifique, ouvrira des débats sur la nature des motifs « étrangers à l'administration de l'université ». Et lors d'un recrutement, un candidat pourra aller contester la décision devant le tribunal administratif. Cela ouvre une brèche. Quel est votre projet à vingt mois de la présidentielle de 2012 ?Radicalement différent mais en tenant compte de la réalité, sachant que certains changements sont irréversibles. Le PS tiendra un forum des idées sur l'enseignement supérieur et la recherche début 2011. Un conseil scientifique lancera les travaux en septembre. Nous reviendrons sur la concentration des pouvoirs pour intégrer plus de collégialité, ainsi que sur la modulation de service pour les enseignants-chercheurs. Le gouvernement confond aujourd'hui l'objectif et les moyens. Lors du mouvement universitaire de 2009, la première secrétaire du PS, Martine Aubry, avait indiqué vouloir remplacer la LRU et le pacte pour la recherche de 2006 par une véritable loi de développement de l'enseignement supérieur et de la recherche. Il faut plus de démocratisation en développant la formation et le droit à l'université, notamment pour les adultes ; une meilleure structuration en revoyant le processus d'orientation et en mettant fin à la concurrence entre les différentes filières ; il faut enfin redonner confiance aux chercheurs en leur octroyant une réelle autonomie. Propos recueillis par C. J.

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