La Norvège fait un pied de nez à l'austérité

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Le gouvernement norvégien va puiser davantage que l\'an dernier dans la manne pétrolière pour équilibrer son budget. Oslo utilisera en 2013 125 milliards de couronnes norvégiennes (environ 17 milliards d\'euros) de ses revenus pétroliers pour financer ses dépenses publiques. C\'est 9 milliards de couronnes (1,2 milliard d\'euros) de plus qu\'en 2012. Cette somme représente 3,3 % des 660 milliards de couronnes (environ 90 milliards d\'euros) de recettes pétrolières escomptées par ce pays nordique. La loi norvégienne autorise l\'Etat à puiser jusqu\'à 4 % des recettes pétrolières pour financer son budget.Déficit structurel, mais excédent finalLe ministre des Finances du gouvernement travailliste norvégien, Sigbjørn Johnsen, a qualifié le budget 2013 de « serré. » Un terme qui laissera plus d\'un Européen songeur. Si, au final, le budget norvégien sera en équilibre, c\'est d\'abord grâce à ce transfert des revenus pétroliers. Sinon, Oslo creuse son « déficit structurel » de 5,2 % du PIB à 5,3 % du PIB. Mais l\'Etat norvégien est loin d\'être dans une situation critique puisque les fonds de pension du gouvernement affichent pour 2013 un excédent attendu de 380 milliards de couronnes. Au final, l\'ensemble des administrations publiques norvégiennes, soit 12 % du PIB.Dans ces conditions, on peut s\'autoriser un déficit structurel qui va au-delà des mesures du pacte budgétaire européen (lequel fixe une limite à 0,5 % du PIB, mais ne concerne évidemment pas la Norvège qui n\'est pas membre de l\'UE).Croissance solideLe gouvernement norvégien peut également compter sur une croissance économique qui reste très solide et qui montre une bonne résistance au ralentissement mondial. Au deuxième trimestre 2012, le PIB norvégien a cru de 1,2 %. Si l\'on exclut les activités pétrolières, la croissance a été de 1 %. Sur l\'année 2012, le PIB « terre ferme », hors activités pétrolières et gazières, est attendu en hausse de 3,7 %. L\'an prochain, la croissance « terre ferme » sera de 2,9 % (2,5 % sur le PIB global). Les investissements et la consommation soutiennent cette croissance, mais les dépenses de l\'Etat (+ 2,4 % l\'an prochain) jouent un rôle non négligeable également. Oslo a d\'ailleurs concentré son effort sur les dépenses de transport en 2013 pour lesquelles 100 milliards de couronnes (13,6 milliards d\'euros) seront utilisées. Un nouveau tunnel routier sera ainsi percé dans l\'ouest du pays entre Bergen et Arna. L\'austérité n\'est donc pas vraiment d\'actualité en Norvège.Gouvernement de coalitionLa Norvège a refusé par deux fois d\'entrer dans l\'Union européenne, à la différence de ses voisins danois et suédois, bien moins épargnés par la crise européenne. Depuis 2005, son gouvernement est dirigé par le travailliste Jens Stoltenberg. Actuellement, il lui faut trouver un équilibre parfois difficile entre ses deux partenaires de coalition, la Gauche Socialiste et le parti centriste. La Gauche socialiste a ainsi demandé et obtenu dans le budget 2013 un allongement des congés paternité de deux semaines, ce qui le porte à 49 semaines avec une indemnité de 100 % du salaire net. Elle a en revanche dû renoncer à ses demandes de fixer un encadrement légal du nombre d\'élèves par enseignant.  

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