Le Mur tombe, le marché décolle

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La chute du mur de Berlin puis l'implosion de l'Union soviétique deux ans plus tard devaient mettre un terme à la folle course aux armements que se livraient les deux superpuissances depuis quatre décennies. L'Histoire en a décidé autrement.Les dépenses militaires n'ont jamais vraiment cessé de progresser pour atteindre le chiffre record de 1.464 milliards de dollars l'an dernier. Le monde n'a donc pas engrangé les « dividendes de la paix » espérés. Il a en revanche récolté les fruits de la mondialisation sous la forme d'une baisse généralisée de l'inflation.La chute du Mur, en sonnant la victoire du tout-marché, a joué comme un formidable accélérateur de la mondialisation. « Le paysage économique mondial s'en est trouvé profondément chang頻, résume Anton Brender, chef économiste de Dexia Asset Management. Partagé depuis plusieurs décennies entre économies de marché et économies planifiées, le monde se réunifie sous la bannière unique du marché. Le consensus de Washington est alors à son apogée. Le Fonds monétaire international (FMI) accorde ses subsides aux pays en transition contre l'engagement d'une privatisation à marche forcée, de la libéralisation des échanges et des prix.L'abandon de l'économie planifiée par les pays coincés derrière le rideau de fer fait d'un seul coup basculer des centaines de millions de travailleurs dans l'économie de marché. C'est également à cette époque que la Chine et l'Inde commencent à leur tour à libéraliser leurs économies. « Qu'importe la couleur du chat, du moment qu'il attrape les souris », avait justifié le président chinois Deng Xiaoping. Le marché du travail se globalise lui aussi. Le FMI a calculé que le nombre de travailleurs en concurrence directe a été multiplié par quatre entre 1980 et 2005 pour dépasser aujourd'hui les 400 millions de personnes.Pour les entreprises européennes et américaines, ces nouveaux marchés représentent de formidables opportunités. La chute du Mur équivaut à la création d'un nouveau marché de 16 millions de consommateurs presque du jour au lendemain. Avec l'élargissement progressif de l'Union européenne à 27 pays membres, ce marché atteint aujourd'hui 500 millions de consommateurs. En dehors de quelques matières premières sensibles (pétrole, uranium, etc.), le terrain de jeu des grandes entreprises a pour seule limite le monde.globalisationSur fond de libéralisation des échanges ? l'Organisation mondiale du commerce (OMC) a vu le jour en 1995 ? le commerce mondial a été multiplié par cinq depuis le début des années 1980, passant de 36 % du PIB mondial à 55 % avant la crise. Les grandes entreprises partent à la conquête de ces nouveaux marchés. Les investissements directs étrangers ont été multipliés par dix, passant, selon la Cnuced, de 200 milliards à 2.000 milliards de dollars en 2007 accélérant les transferts de technologies et la baisse des prix des biens et des services.Toutefois, la mondialisation a un prix. Dans les pays riches, les industries gourmandes en main-d'?uvre ont été contraintes à de douloureuses restructurations. La libéralisation des échanges et des investissements s'est accompagnée de la globalisation des marchés financiers, favorisant une meilleure allocation de l'épargne mondiale. « La Chine, par exemple, n'aurait jamais pu croître aussi vite si elle n'avait pas pu recycler une partie de ses excédents d'épargne en les prêtant au reste du monde, notamment aux États-Unis », rappelle Anton Brender.

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