Une informatique de pointe prospère à la mairie de Drancy

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C'est au bout de l'avenue Jean-Jaurès, au sein même de la mairie de Drancy, que repose une partie de l'avenir de la ville. Dans cette commune à forte densité d'habitat social, appartenant au département difficile de la Seine-Saint-Denis, une petite équipe de fines lames du cru, emmenée par un jeune « geek », David Larose, a construit une infrastructure informatique de compétition. Exemple rare, sinon unique en France : la mairie gère désormais l'informatique des deux villes voisines du Bourget et de Dugny, celle de l'office public HLM local, remporté sur appel d'offres, formant un petit nuage informatique public local dont Drancy a commencé de tirer les bénéfices.Le « cloud computing », dont les géants mondiaux de l'informatique parlent depuis un peu plus de deux ans, est donc une réalité. Cette informatique à distance repose sur les réseaux. Les applications et les données ne sont plus hébergées sur les PC mais dans des centres de données. Ceux de Google ou d'Amazon, grands comme plusieurs terrains de foot, contiennent des dizaines de milliers de serveurs fonctionnant avec des technologies de virtualisation, qui permettent de faire tourner plusieurs applications sur une même machine.À la mairie de Drancy, le centre de données occupe une salle de quelques mètres carrés. On y accède en montrant patte blanche ? en fait, une empreinte veineuse. Trois armoires contiennent des serveurs Dell et des équipements de réseau Cisco, qui permettent de relier l'infrastructure à la fibre optique déployée dans la ville. Actuellement, l'informatique des médiathèques des trois communes et de leurs centres de santé repose sur l'infrastructure de Drancy. Mais l'ensemble des applications du Bourget et de Dugny seront virtualisées cette année et rapatriées sur les serveurs de Drancy.À la seule échelle de Drancy, la virtualisation a permis de se débarrasser de vingt-sept gros serveurs antiques, témoigne David Larose, le directeur informatique de la mairie. Désormais, seuls neuf serveurs lames (en raison de leur forme) hébergent l'informatique des trois villes et de l'office HLM, avec d'importantes économies à la clé, également liées à leur maintenance centralisée. Le regroupement des achats entre les trois communes a par ailleurs donné un pouvoir de négociation accru face aux fabricants.coquette rentabilitéMais Drancy a aussi mis à profit son infrastructure pour gagner de l'argent. La mairie a en effet répondu, et remporté, un appel d'offres pour héberger l'informatique de l'office HLM local. « Nous avons divisé les prix par deux », revendique David Larose, qui mentionne certains autres chiffres, n'étant pas destinés à être publiés, témoignant de la coquette rentabilité de ce contrat.Et la commune, dont l'infrastructure ne tourne aujourd'hui qu'à 30 % de ses capacités, ne demande qu'à prolonger l'expérience. « Il y a deux voies possibles », indique Jean-Christophe Lagarde, le maire Nouveau Centre de Drancy, qui a mis fin en 2001 à plus de soixante ans de gestion communiste de cette ville de la fameuse « ceinture rouge ». « Soit nous répondons à des appels de villes intéressées par une modernisation de leur informatique, soit nous accueillons de nouvelles communes dans la communauté d'agglomération [à laquelle appartiennent Le Bourget et Dugny], et nous intégrons leur informatique. »Le nuage informatique de Drancy peut également servir d'élément d'attractivité pour la commune auprès d'acteurs privés. « Si une entreprise veut s'installer chez nous, nous pouvons lui offrir un service que d'autres communes n'ont pas », estime le maire. Parallèlement, Drancy a amorcé un vaste chantier de virtualisation de ses PC. Soit, en bon français : tous les logiciels et données installés sur les disques durs des PC de la ville seront bientôt migrés sur ses serveurs.L'utilisateur, en se connectant avec son profil, ne verra pas la différence. Les finances de la ville, si. Les PC, dont le disque dur ou la carte graphique seront devenus inutiles, seront remplacés par des petites stations, trois fois moins chères. Les économies réalisées devraient permettre d'équiper les classes de CP et de CE1 en 2011 ou 2012.

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