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Après la Grèce, comment sauver la croissance??

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Publié le 09 mai 2010 à 21:20 - Mis à jour le 09 mai 2010 à 21:20

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La crise budgétaire en Grèce et les possibles effets de contagion à d'autres pays de la zone euro ont tiré la sonnette d'alarme sur l'état des finances publiques des pays développés en général, européens et de la zone euro en particulier. En moyenne dans la zone euro, - en partie à cause de la crise financière mais aussi parce que les dépenses publiques sont significativement supérieures aux recettes depuis plusieurs années -, la dette publique aura augmenté de plus de 20 points de PIB entre 2007 et 2009 (plus de 1.000 milliards d'euros?!). Alors que le vieillissement des populations va accroître les dépenses des États, et que les investisseurs (qui gèrent notre épargne) semblent plus sceptiques sur la capacité de gestion des finances publiques par les gouvernements, une période d'austérité budgétaire paraît inévitable pour la plupart des pays de la zone euro pour 2011 et au-delà.Les enseignements de la crise grecque à cet égard sont impressionnants. On demande à la Grèce un ajustement d'une ampleur et d'une rapidité sans précédent. Il est principalement concentré sur les dépenses publiques, notamment les dépenses liées à la masse salariale de l'État, et aux dépenses de sécurité sociale. Logique, puisque le dérapage budgétaire vient principalement de ces deux postes de dépenses (qui représentent plus des deux tiers des dépenses publiques ou 32 % du PIB), avec un écart structurel entre les dépenses et les recettes de près de 10 points de PIB. De même, les dépenses sociales et de salaires de la fonction publique dans les autres pays de la zone euro sont aussi élevées, représentant 27 % du PIB en Espagne, 26 % en Irlande et 31 % au Portugal. Pour ces pays aussi, la stratégie d'ajustement budgétaire « reconnue » est de diminuer les dépenses publiques, notamment les salaires et les bénéfices sociaux - d'autant que les effets du vieillissement démographique vont accroître les dépenses de retraites comme les dépenses de santé.Après les pays périphériques de la zone euro, les pays du coeur vont également adopter des politiques d'austérité budgétaire, sans doute plus sévères ou plus rapides qu'ils n'auraient envisagé sans les turbulences actuelles. Ainsi la France a annoncé jeudi 5 mai un « gel » pour trois ans des dépenses de l'État (qui englobent la masse salariale de l'État, mais pas de tout le secteur public). D'autres pays comme la Belgique, l'Italie et même l'Allemagne qui souhaiterait abaisser ses déficits, vont mettre en oeuvre des mesures d'austérité.Les études d'organisations internationales diverses montrent bien que les ajustements budgétaires « qui marchent » reposent principalement sur la baisse des dépenses notamment sociales. Mais il est aussi à craindre qu'une austérité budgétaire non coordonnée dans la zone euro, et sans considération des gains de croissance qui pourraient venir de réformes structurelles en zone euro, ne fragilise les « jeunes pousses de la reprise ».C'est une question qui se pose aussi pour l'efficacité du plan grec. En effet, le plan pour la Grèce porte essentiellement sur les revenus du secteur public, ce qui corrige les excès de dépenses publiques, mais néglige d'inciter à la mise en oeuvre de réformes structurelles, visant à restaurer la croissance. Ainsi, il faudrait plus libéraliser le secteur des services, le marché du travail (l'occasion de prôner une vraie « flex-sécurit頻) des professions réglementées, bref, remettre au goût du jour les réformes structurelles que la crise a fait mettre de côté.Cette question générale mérite réflexion au niveau national et européen. Une période d'austérité synchrone et importante des finances pourrait entraîner un ralentissement de la croissance. Cette austérité des dépenses est nécessaire. Mais il faut la compenser par une puissante stratégie de croissance, et qui serait coordonnée au niveau européen.Une telle stratégie reposerait sur la mise en oeuvre de réformes dites « structurelles »?: une plus grande flexibilité (avec une vraie sécurisation) du marché du travail, qui générerait une dynamique de croissance des emplois, plus de concurrence sur le marché des biens (avec une poursuite de la réforme de la libéralisation de l'implantation des surfaces de ventes par exemple qui permettrait de vraies baisses des prix et redistribuerait du pouvoir d'achat), l'ouverture de beaucoup de professions réglementées (créatrice d'emplois), permettrait d'élever le potentiel d'emploi et de croissance. Une telle stratégie double (réduction budgétaire et augmentation de la compétitivité et de l'emploi) pourrait également inciter la BCE à maintenir une politique monétaire accommodante, ce qui en retour faciliterait l'ajustement et limiterait la contraction de la demande?: une « win-win » situation? ! nPoint de vue Laurence Boone Chef économiste, Barclays Capital, membre du Cercle des économistes.

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