« Les sanctions contre l'Iran ne seront sans doute pas efficaces »
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Denis Bauchard est chercheur associé à l'Institut français des relations internationalesPourquoi le Conseil de sécurité de l'Onu a-t-il imposé de nouvelles sanctions contre l'Iran ? Ce quatrième train de sanctions illustre l'isolement croissant de l'Iran de Mahmoud Ahmadinejad dont l'intransigeance a fini par indisposer ses anciens alliés comme la Chine et la Russie. Moscou et Pékin se sont toutefois assurés que leurs intérêts ne seront pas lésés par ces nouvelles sanctions. Des entreprises comme Gazprom ou la CNPC sont très présentes en Iran. S'agissant de la Russie, la livraison de missiles défensifs S300 à l'Iran, suspendue à la demande d'Israël, ne semble pas visée par le nouveau dispositif de sanctions. Les investissements chinois dans le domaine des hydrocarbures ne sont pas non plus affectés. La Chine a notamment accordé à l'Iran en mai dernier un prêt de 1 milliard de dollars pour la construction de méthaniers. Le Brésil et la Turquie avaient apparement trouvé un accord avec l'Iran il y a quelques semaines...Les concessions obtenues étaient essentiellement optiques et n'assuraient pas un contrôle effectif du programme nucléaire iranien. En fait, l'intervention du Brésil et de la Turquie a plutôt agacé les puissances nucléaires. Elles ne voient pas d'un bon oeil la volonté de Lula da Silva et de Rajep Erdogan de s'impliquer dans les affaires de lutte contre la prolifération nucléaire. Au bout du compte, cette initiative a probablement servi d'accélérateur à de nouvelles sanctions.Ces sanctions sont-elles de nature à faire évoluer les positions iraniennes ? Même durcies, elles ne seront sans doute pas très efficaces. Ces sanctions marquent une étape politique importante. Mais il s'agit de mesures très sélectives qui ne touchent pas directement aux intérêts vitaux de l'Iran comme les exportations de pétrole ou les importations d'essence. Les sanctions de l'Onu devraient toutefois être prochainement renforcées par des mesures bilatérales. L'Union européenne à 27, par exemple, réfléchit par exemple à interdire aux entreprises européennes d'investir en Iran. Les sanctions sont donc inefficaces ? L'expérience prouve que les sanctions ne fonctionnent que si elles sont universelles, fortes et respectées. Le plus souvent, elles s'avèrent contreproductives. En touchant les populations sans affecter les dirigeants, elles contribuent à ressouder l'opionion publique autour de ses dirigeants. Où cela nous mène-t-il ? Vers de nouvelles sanctions. Ou des frappes chirurgicales.
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