Numérique, Défense : les autres secteurs bénéficiaires du nouveau Grand emprunt

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Du \"green\" au kaki... il n\'y avait qu\'un pas que le gouvernement a franchi mais le plus discrètement possible. Comme La Tribune l\'avait révélé, le nouveau \"PIA\" (programme d\'investissements d\'avenir) servira bien à combler les trous du budget de la Défense défendu par Jean-Yves Le Drian, et plus exactement le programme 146 (Equipements). Le gouvernement n\'en a pas fait mardi une publicité énorme lors de la présentation des investissements de demain. Le discours du Premier ministre ainsi que le dossier de presse ont été très, très discret sur ce point. \"Le PIA poursuivra son engagement en faveur de l\'excellence technologique de nos industries aéronautiques, spatiales et de défense, qui exportent, qui embauchent, et dont les savoir-faire de pointe irriguent l\'ensemble de l\'économie\", a simplement expliqué le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault. Une petite phrase noyée dans un discours plus axé sur les investissements \"verts\".Pourtant, l\'enveloppe consacrée aux industries de défense représente une jolie somme de 1,5 milliard d\'euros. Soit la quasi-totalité des 1,8 milliard d\'euros de recettes exceptionnelles (REX) attendues pour le budget de la Défense en 2014. En outre, il faut ajouter le montant de 1,3 milliard pour des programmes aéronautiques civils et spatiaux. Soit au total 2,8 milliards d\'euros pour développer les « technologies de pointe » dans ce « domaine d\'excellence avéré de l\'industrie française », selon le dossier de presse de Matignon. « Ces technologies garantissent l\'excellence des entreprises dans ces domaines et se diffusent ensuite à toute l\'industrie ». Dans l\'industrie aéronautique, qui est « fortement exportatrice et créatrice d\'emplois », le PIA soutiendra notamment « les développements technologiques des derniers programmes permettant de réelles améliorations au plan environnemental : diminution du poids, réduction significative de la consommation de carburant, réduction des émissions de CO2 ou d\'oxydes d\'azote, recyclage des matériaux composites... »Pari gagné pour Jean-Yves Le Drian\"Les recettes exceptionnelles seront au rendez-vous\", avait assuré un peu avant le salon aéronautique du Bourget (17-23 juin) Jean-Yves Le Drian en dépit d\'une contrainte budgétaire de plus en plus forte. \"J\'ai besoin de 1,3 milliard en 2013, je les ai, et j\'ai besoin de 1,8 milliard en 2014, je les aurai\". Pari gagné. Concrètement, ces investissements d\'avenir permettront de développer de nouveaux systèmes embarqués des avions de demain (Airbus, Dassault Aviation...), la propulsion électrique pour les satellites (Astrium et Thales Alenia Space), les futurs hélicoptères (Eurocopter), les évolution du lanceur Ariane (Astrium), la simulation et la modélisation numériques avancées et enfin le cryptage des communications.Technologies, usages et quartiers numériques Le numérique justement, sur lequel veille la ministre déléguée Fleur Pellerin, devrait récupérer 615 millions d\'euros de cette « recharge » du nouveau PIA. Et ce sans compter les 2,4 milliards de rallonge au déploiement de la fibre optique prévue dans le nouveau plan Très haut débit, qui sera issue de la vente de fréquences aux opérateurs mobiles pour la 4G (réutilisation du spectre 1800 Mhz). L\'enveloppe devrait être répartie en trois tiers, croit savoir un haut fonctionnaire : un premier volet portera sur les technologies perçues comme le cœur de filière du numérique, déjà citées dans la feuille de route numérique gouvernementale présentée en février, à savoir les « Big Data » (l\'analyse des grandes masses de données), les objets connectés, le \"cloud computing\" (informatique à distance) et la simulation (calcul intensif). Un autre tiers devrait aller aux usages (e-santé, e-éducation, ville connectée, etc). Le dernier tiers ira à la création de « quartiers numériques » de référence, tels que le futur Paris Capitale Numérique à la Halle Freyssinet (rachetée par Xavier Niel, le richissime fondateur de Free), dans une logique de co-investissement avec les partenaires privés. Ces quartiers bénéficieront d\'un programme de soutien pour assurer leur visibilité au niveau national et international, qui pourrait atteindre une quinzaine de millions d\'euros.Un fonds souverain de brevets ? La partie dévolue à l\'innovation, à savoir 550 millions de rallonge sur le thème « innover pour l\'industrie durable », n\'a pas été encore détaillée. Mais il est envisagé de créer un fonds national d\'innovation, visant à expérimenter, avec BpiFrance, de nouvelles formes d\'aides, axées sur le marketing et le design par exemple. Le gouvernement songe aussi à créer un « fonds souverain de brevets », qui serait porté par France Brevets, une co-entreprise de l\'Etat et de la Caisse des Dépôts, et qui aurait vocation à se porter acquéreur de brevets dans des domaines stratégiques. « L\'idée n\'est pas de nationaliser les brevets » décrypte une source bien au fait du projet, mais de mettre en place un « outil offensif » en matière de propriété intellectuelle, permettant aux PME de ne pas être affaiblies ou freinées par la guerre que se livrent certains grands groupes étrangers (Apple, Samsung, Google) sur ce terrain.  

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