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Hôtels mythiques Çiragan Palace le palais de l'Orient

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Publié le 10 août 2010 à 08:56 - Mis à jour le 10 août 2010 à 08:56

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Il existe deux Çiragan à Istanbul (merci de prononcer « Chiraan » pour faire initié) à la même adresse : le palais historique et l'hôtel comptant quelque 300 chambres et suites avec vue. Le palais historique, lui aussi converti en hôtel, abrite seulement onze suites au faste et services superlatifs. L'immense Pacha Suite est la deuxième plus grande d'Europe après celle du Westin Excelsior de Rome. Luciano Pavarotti en fut le premier client, assurément très à son aise en ces modestes 376 m2. Ont suivi les têtes couronnées de rigueur, rois d'Espagne, de Jordanie, les présidents en exercice et quelques mégastars du calibre de Liza Minnelli ou Oprah Winfrey, toutes capables de débourser la bagatelle de 30.000 euros par nuit (+ 8 % de taxes !). Les dix autres suites, dont la plus étriquée s'étale sur 52 m2, sont presque offertes : de 1.115 à 5.000 euros la nuit. C'est le prix à payer pour dormir dans l'un des palais maudits de l'ancienne Byzance. Tout avait pourtant bien commencé. À l'origine, en 1719, le grand vizir Ibrahim Pacha décide d'offrir à son épouse un yali au coeur d'un jardin magnifique. Il y organise des célébrations lumineuses lesquelles donnent leur nom au lieu ? « çiragan » signifiant, en perse, source de lumière spéciale. Mais, en 1834, le sultan Mahmut II fait raser le yali, il préfère un palais les pieds dans l'eau, qui à son tour est démoli en 1857 par Abdülmecid Ier. Quand le sultan rend l'âme en 1861, le chantier est inachevé et son frère, le sultan Abdülaziz exige un palais oriental, en marbre blanc. Sa réalisation dure dix ans et coûte une fortune ; les Turcs commencent à croire qu'il porte la poisse. Chaises musicales et allers-retours... Quand Murat V, neveu et successeur d'Abdülaziz choisit de finir les travaux et de s'y installer, bien mal lui en prend : il y est détrôné par son frère Abdülhamid II. Surnommé le Grand Saigneur, le dernier sultan de l'Empire ottoman transforme le palais en résidence impériale jusqu'à ce qu'il soit lui-même destitué en 1909. Vidé, Çiragan est brièvement occupé par le Parlement en 1909. Mais, l'année suivante, tous les intérieurs sont entièrement ravagés par un incendie ; les collections d'art dont quelques Rembrandt et la fameuse bibliothèque de Murad V ne résistent pas aux flammes. Ne subsistent, coeur ignifugé au milieu d'une carcasse calcinée, que le hammam royal et la folle rumeur que les caves du palais sont pleines d'or. Convertis en caserne, cédés à la ville d'Istanbul après la Seconde Guerre, les vestiges de Çiragan demeurent à l'état de ruines et ses anciens jardins deviennent un terrain de foot. Il faut attendre la fin des années 1980 pour que la reconstruction du palais, à l'identique, soit engagée. Comme il se doit, la restauration se révèle aussi ruineuse que la construction : elle n'est achevée qu'en 2007. Mais le Çiragan trouve alors une magnificence inégalée. Ses anciens grands salons sont ouverts à tous avec une programmation artistique plus ou moins heureuse, qui a l'avantage de permettre à quiconque de visiter l'ancien palais. Passez le lobby sous l'immense lustre en cristal, le deuxième plus grand du pays et, ouvrez grands vos yeux. Ici, tout n'est qu'arabesques, stucs et luxe. Un conseil, le plus pittoresque se dissimule dans les suites ; faites tout ce qui est en votre pouvoir pour vous rendre dans les salles de bain et toucher du doigt la robinetterie plaqué or. Sachez également que le hammam du sultan, celui-là même que l'impératrice Eugénie visita en 1869, alors qu'elle se rendait à l'inauguration du Canal de Suez, se loue pour une fête privée, avec W.-C. royaux à la turque, naturellement.? Mercredi : l'Algonquin, à New York

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