L'Indonésie et la Turquie séduisent les investisseurs

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Deux marchés émergents font aujourd'hui l'objet d'un retournement spectaculaire : ceux de l'Indonésie et de la Turquie. Désertés en pleine crise financière en 2008, les deux pays avaient alors connu une chute de plus de 50 % de leur marché boursier, de 15 % environ de leurs devises face au dollar tandis que les contrats d'assurance contre le risque de défaut (CDS) laissaient apparaître une probabilité de faire défaut de l'ordre de 66  % pour l'Indonésie et de 55 % pour la Turquie. Aujourd'hui, ils font l'un comme l'autre l'objet de toutes les attentions de la part des investisseurs. Les données fournies par EPFR et JP Morgan montrent que, dès le mois de juin, les plus grands fonds investis sur les marchés émergents ont placé ces deux marchés en tête de ceux qu'ils souhaitaient « surpondérer » parmi une vingtaine d'autres places émergentes. De fait, cette année, l'Indonésie est en tête des performances asiatiques, avec un gain de 21 % de son indice phare en Bourse. Plus imposant encore, depuis son plus-bas d'août 2008, cet indice gagne 175 %. Même chose pour la roupie indonésienne qui, sur cette même période, a rebondi de 41 % ! Les prouesses turques ne sont pas aussi flagrantes, mais elles détonnent néanmoins par leur vitalité et leur résitance à la crise. L'indice ISE de la Bourse d'Istambul s'adjuge 13 % depuis janvier. Quant à la livre turque, plus corellée au dollar, elle s'est appréciée de 21 % depuis mars 2009. Selon Jim O'Neill, chef économiste chez Goldman Sachs et auteur du concept des BRIC - acronyme de Brésil Russie Inde et Chine - en 2001, ces deux pays seraient aujourd'hui les mieux positionnés pour former les leader des « Next 11 », un ensemble de pays émergents auquel appartiennent également la Corée du Sud, le Mexique, l'Iran, le Nigéria, l'Égypte, les Philippines, le Pakistan, le Vietnam et le Bangladesh. Plusieurs paramètres séduisent les investisseurs. Tous deux ont un marché intérieur important, avec une population de 240 millions de personnes en Indonésie et de 80 millions en Turquie des perspectives de croissance soutenues, (de 6 % au moins selon le FMI), et un taux d'endettement ramené au PIB qui s'allège. Cette année, celui-ci devrait atteindre 30 % en Indonésie, et 50 % en Turquie.

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