Les espoirs déçus des investisseurs en LBO
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capital-investissementIl y a un monde entre les attentes des investisseurs qui avaient misé sur les opérations de LBO (leveraged buy-out) montées entre 2005 et 2007 et la réalité. Comme le souligne une étude publiée aujourd'hui par Standard and Poor's, les résultats des sociétés rachetées avec un fort effet de levier ces dernières années ne sont pas à la hauteur des attentes.« Lorsque la dette LBO était présentée aux investisseurs entre 2005 et 2007, c'est-à-dire en plein boom du secteur, les transactions étaient structurées et vendues sur la base de perspectives de croissance solides », indiquent les auteurs de l'étude. Or le décalage entre les prévisions et la réalité des performances opérationnelles est extrêmement problématique pour les sociétés ayant fait l'objet d'un LBO, car ce sont les cash-flows qu'elles dégagent qui sont censés rembourser leurs dettes.Fin 2007, 56 % des entreprises ayant fait l'objet d'un LBO affichaient déjà un résultat opérationnel (Ebitda) inférieur à ce qui avait été prévu au moment de l'opération. Elles sont maintenant 69 % à manquer leur objectif (à fin 2008) et 45 % d'entre elles ratent leur cible de plus de 10 %, indique l'agence de notation.Du coup, ces sociétés sont de plus en plus nombreuses à ne plus être en mesure d'honorer le paiement de leurs échéances sur le capital restant dû ou les intérêts. En Europe occidentale, les taux de défaut calculés par les agences de notation ? les entreprises ayant fait l'objet d'un LBO sont tellement endettées que leur dette est considérée comme « spéculative » ? sont déjà passés à 11 % à la fin du premier semestre (contre 5,3 % fin 2008 et 1,5 % fin 2007). Et le pire n'est visiblement pas derrière nous : « Le taux de défaillance des sociétés notées en catégorie spéculative devrait atteindre un pic juste au-dessous de 15 % au cours du second semestre de 2009, puis ne décliner que graduellement », indique-t-on chez S&P. Sophie Rolland
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