L'Europe hausse le ton sur les marchés publics face à la Chine

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Début 2010, le groupe de BTP chinois COVEC remportait son premier grand contrat en Europe : 49 kilomètres d'autoroute entre Varsovie et Berlin en vue de la coupe d'Europe de football de 2012. Son offre s'élevait à peine à la moitié du budget prévu par le ministère des Infrastructures polonais dont le choix avait pourtant provoqué un tollé. Les concurrents européens de COVEC critiquaient moins une concurrence potentiellement déloyale sur le terrain social que l'ouverture très relative des marchés publics chinois aux entreprises étrangères. Bruxelles les a entendu. « On ne devrait pas l'accepter », a déclaré hier le commissaire européen au Commerce, Karel de Gucht, au sujet de cet appel d'offres gagné par COVEC sur un marché qui plus est financé par le budget de l'Union européenne.Bruxelles entend désormais défendre un égal accès aux marchés publics. « Demander la réciprocité n'est pas du protectionnisme », a dit hier le commissaire qui présentait la nouvelle stratégie commerciale de l'Union. Un « nouvel instrument pour garantir et accroître la symétrie de l'accès aux marchés publics dans les pays développés et dans les grandes économies de marché émergentes » sera dévoilé « en 2011 ». Il s'agit bel et bien d'élaborer une « riposte », mais de rester également « centré sur un secteur » et des représailles « modérées », a-t-il ajouté. Dès mai dernier, les entreprises européennes s'inquiétaient, dans une note à la Commission, de la politique de « Buy Chinese » de Pékin. Les nouvelles règles de marché public leur faisaient même craindre « un durcissement des pratiques ».Jouer la carte du multilatéralismePour le reste, Karel de Gucht reste dans la ligne de ses prédécesseurs pour qui, l'ouverture des marchés et le flux des investissements est une panacée pour renforcer la croissance et l'emploi. Il entend jouer à fond la carte du multilatéralisme, estimant qu' « une fenêtre » se présentait en 2011 pour conclure le cycle de Doha. Après l'accord bilatéral avec la Corée du Sud, Bruxelles va se tourner à présent vers l'Inde, le Canada, l'Ukraine et le Mercosur. Comme pour faire écho au?credo libéral de la Commission, les syndicats belges de l'usine Opel d'Anvers, promise à la fermeture, avaient choisi la date de lundi pour déposer plainte auprès de la Commission européenne contre l'actionnaire d'Opel, General Motors. Le motif de leur colère : le refus, par le groupe américain qu'ils soupçonnent de protectionnisme, de conclure des négociations de vente avec un mystérieux industriel chinois devenu la seule planche de salut des 1.300 salariés du site.

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