Sommet du G20 : la croissance mondiale se joue à Séoul

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Pour la cinquième fois, les chefs d'État et de gouvernement des vingt plus grands pays de la planète vont se retrouver jeudi et vendredi pour un nouveau sommet, cette fois à Séoul, pour tenter de transformer les voeux de meilleure concertation économique internationale en réalité. Paradoxalement cette rencontre s'annonce plus délicate que les précédents sommets, qui ont sauvé le monde d'une dépression type 1929. La croissance mondiale reste très fragile et, l'OCDE l'a confirmé, très mal répartie. Ces disparités alimentent les déséquilibres économiques entre les pays du G7 (États-Unis, Europe, Japon...), à l'activité molle, et les pays émergents, de la Chine au Brésil. Or ce sont ces déséquilibres qui ont contribué à l'ampleur de la crise financière de 2008 et 2009.Ces derniers jours, les débats semblaient mal s'engager. Lors des précédents sommets (Londres, Pittsburgh...), la crise avait aboli les égoïsmes nationaux. À présent, les grands dirigeants doivent surmonter d'eux-mêmes leurs intérêts spécifiques, dont le G20 reconnaît lui-même qu'ils peuvent être source de véritables nuisances économiques pour la collectivité quand ils prennent la forme de dévaluations compétitives, d'une politique d'austérité prématurée ou d'un endettement excessif. Dernière initiative unilatérale en date, la Réserve fédérale (Fed) américaine a rallumé la semaine dernière la « guerre des changes » en annonçant son rachat pour 600 milliards de dollars de bons du Trésor américains. Le dollar a mécaniquement faibli provoquant un tollé de Pékin à Berlin en passant par Brasilia, qui craignent pour leurs exportations. Il ne s'agit pas seulement d'un nouvel épisode de la tumultueuse saga entre les États-Unis et la Chine, accusée par les premiers d'entretenir la faiblesse de sa monnaie (le yuan) pour exporter davantage. Les pays émergents ne veulent plus subir des afflux ou des retraits brutaux de capitaux internationaux en fonction des caprices des politiques monétaires du Nord.Si le consensus est large sur le diagnostic, le débat reste vif sur le choix de l'issue de secours. Séoul, qui a placé en tête de ses priorités le « Cadre pour une croissance économique forte, durable et équilibrée », initiative lancée à Pittsburgh et dont l'objectif est de remédier aux politiques économiques prises sans concertation multilatérale préalable, a proposé d'élargir la réflexion aux besoins spécifiques des économies : exportateur ou non de matières premières, situation démographique, niveau de développement..., afin de ne pas focaliser le débat sur la question des changes, politiquement sensible.De façon plus ciblée, le secrétaire américain au Trésor, Timothy Geithner, a appelé ses partenaires à se rallier à l'idée d'un « mécanisme d'alerte précoce » visant les déficits ou les excédents commerciaux excessifs. Sa proposition initiale, mal perçue, était de limiter à + ou ? 4 % les dérapages de la balance courante.Mais au-delà, les dirigeants savent que toute évolution de leur modèle de croissance ne pourra se faire que dans le temps. Les deux jours que durera le G20 de Séoul ne seront donc qu'un moment sur la voie d'une meilleure concertation économique.

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