Hu Jintao : « Les nations du G20 devront abolir toute forme de protectionnisme »

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STRONG>Que pensez-vous des efforts mis en oeuvre par le G20 pour lutter contre la crise économique mondiale ? Comment voyez-vous l'avenir du G20 dans ce cadre ?Le G20 est un lieu essentiel pour traiter de la crise économique mondiale, de même que pour établir un réseau de coopération économique à l'échelle de la planète. Le sommet du G20 avait déjà commencé à coopérer sur l'élaboration de solutions aux différents obstacles encore en place au niveau économique comme financier. C'est l'intérêt de nombreux pays que ces avancées prennent corps.Depuis novembre 2008, les quatre sommets du G20 ont joué un rôle crucial pour tenter de résoudre la crise mondiale, pour stabiliser les marchés financiers internationaux et pour accroître la confiance des acteurs économiques, ménages et entreprises, en prenant des mesures adaptées. Toutefois, des incertitudes demeurent : les fondations de la reprise ne sont pas assez solides, et ses progrès ne sont pas bien répartis dans le monde. Nous avons donc de sérieux défis à relever. Pour cela, nous devons d'abord établir une coopération gagnant-gagnant entre les membres du G20. Les pays membres doivent faire des efforts visant à mettre en place des politiques économiques adaptées et travailler à stabiliser la reprise de l'économie mondiale. Ensuite, il est nécessaire de mettre en oeuvre les mesures décidées lors des précédents sommets. Certaines ont déjà été mises en oeuvre avec succès. La prochaine étape sera de poursuivre ces engagements afin de renforcer l'influence du groupe. Enfin, un climat de confiance doit être créé afin de dynamiser l'activité économique mondiale. Les nations du G20 devront pour cela abolir toutes formes de protectionnisme et autres politiques qui interfèrent avec le libre-échange et l'investissement et promouvoir une nouvelle forme de croissance.Comment voyez-vous la possibilité d'équilibrer les politiques macroéconomiques entre pays industrialisés et émergents ?Au G20 de Pittsburgh, en septembre 2009, les chefs d'État ont appelé à la négociation entre pays développés et en développement pour ce qui est de leurs politiques macroéconomiques. L'an dernier, l'économie mondiale s'est largement reprise grâce aux efforts du G20 et de la communauté internationale. Ce qui prouve que cette action est efficace. Au sein du groupe, les pays développés et émergents partagent leurs expériences pour établir une feuille de route stratégique claire. Cependant, il faut avoir présent à l'esprit que les niveaux de croissance économique diffèrent parmi les membres du G20. Il est donc nécessaire de respecter les caractéristiques de chaque pays, de même qu'il faut prendre en compte les intérêts de chacun.Alors que de nombreux pays ont souffert de la crise économique mondiale, la Chine a réussi à maintenir une économie forte et une croissance durable. Pourquoi ?En fait, la crise a eu un impact négatif sur l'économie chinoise. Face à ces défis inattendus, la Chine a pris des mesures pragmatiques, telles que l'investissement de 4.000 milliards de yuans (soit 585 milliards de dollars), une politique budgétaire active, un assouplissement de la politique monétaire, des réductions d'impôts, un soutien à la consommation. Ces actions rapides ont permis d'empêcher le recul de la croissance chinoise. En outre, face à la complexité et à la gravité de la situation mondiale, la Chine a réussi, en ajustant au mieux sa politique, en modifiant le développement de son économie et en renforçant l'adaptation de son système économique à obtenir un résultat positif. La Chine étant l'économie émergente la plus importante, le maintien d'une croissance durable est sa meilleure contribution face à la crise mondiale. Lors du premier sommet du G20 à Washington, la Chine a indiqué qu'il fallait réformer le système financier international si le monde voulait venir à bout de cette crise, sur la base de quatre principes : la généralisation des efforts, leur équilibre, leur progressivité et leur efficacité. À partir de ce moment, la Chine a décidé de promouvoir une stratégie anticrise financière, une coopération économique mondiale et une réforme des organisations financières. Alors que la Chine a dû affronter d'immenses difficultés, nous avons essayé de maintenir la stabilité de notre monnaie selon le principe de progressivité, de leadership et éventuellement de réglementation. De plus, la Chine a fourni de nombreuses contributions, dont notamment 500 millions de dollars au FMI pour l'augmentation de son capital. [...] Nous ne devons pas négliger la vulnérabilité de l'économie mondiale. Le monde entier doit donc continuer à coopérer et prendre en compte ses différences. La Chine va continuer à travailler diligemment et jamais ne rejettera la faute sur les autres. À l'occasion du sommet de Séoul, elle défendra une croissance économique mondiale durable et bien équilibrée.Ce G20 est le premier à se tenir en Asie dans une région émergente... Le fait que le sommet se tienne en Corée du Sud joue un rôle important dans le développement des mécanismes du G20. Non seulement la Chine fera tout ce qu'elle peut pour trouver un consensus entre pays, mais mettra aussi en avant les caractéristiques de l'Asie. Le G20 de Séoul doit se concentrer sur les sujets du moment. Dans ce cadre, la coopération, au niveau des politiques économiques, et pour un résultat gagnant-gagnant, est essentielle. Tous les membres du G20 doivent jouer un rôle économique actif. Par ailleurs, une réforme du système financier international est essentielle, impliquant une surveillance plus stricte des marchés financiers internationaux. À cela s'ajoute le fait que les pays émergents et en développement doivent pouvoir mieux faire entendre leur voix dans les organisations financières internationales. Enfin, il faut résoudre le problème du déséquilibre entre le développement du Nord et celui du Sud. C'est crucial. Les pays du G20 doivent ainsi renouveler leur soutien à la poursuite des objectifs du millénaire. « Last but not least », nous ne sommes pas d'accord avec le protectionnisme commercial. Dans le but de mener à bien le Round de Doha, nous soutenons les négociations en vue d'un accord.Propos recueillis par le quotidien coréen « Chosunilbo », partenaire de « La Tribune » pour le G20 de Séoul. (Adaptation : Lysiane J. Baudu et Robert Jules)

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