Christophe Bruyas, l'ingénierie française au service des PME africaines

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Qu'est-ce qui peut pousser un jeune ingénieur français, après six ans passés dans des cabinets de conseil à Toulouse puis à Paris, à tout quitter pour aller vivre au Ghana ? « Évidemment, on m'a pris pour un fou quand j'ai annoncé que je démissionnais pour m'installer à Accra sans même avoir un boulot », se souvient avec un petit sourire ce Lyonnais, toujours très pondéré, dont la plus grande passion est de participer à des courses de marathon. Le virus du voyage ? Ce diplômé de Sup Aéro de Toulouse, formation qu'il a pris grand soin de compléter avec un DES en ingénierie d'affaire (Desia), l'a attrapé à la maison. « Ma compagne a fini par avoir le poste d'institutrice qu'elle avait demandé à l'étranger et nous avons bouclé nos valises sans hésiter ! »Été 2008, le jeune couple débarque au Ghana, un petit pays anglophone en pleine expansion dont la majorité de la population continue, pourtant, de vivre avec un dollar par jour. Sofia prépare la rentrée des classes à l'école française d'Accra mais que va faire Christophe, 28 ans ? Pas un seul avionneur, fabricant de satellites, constructeur ferroviaire, motoriste industriel ou autre acteur majeur dans le secteur énergétique à démarcher? Il saisit alors l'opportunité de se reconvertir dans le financement des PME auprès d'ONG, de banques et de fonds d'investissement et intègre le Centre ouest-africain pour le commerce financé par l'Usaid (United States Agency for International Development), dont le siège est à Accra mais qui officie dans 21 pays. Il prend la coordination d'un programme de développement (doté de 1 million de dollars) visant à faciliter l'accès au crédit des PME-PMI ouest-africaines exportant dans six secteurs « non traditionnels » : filières de l'anacardier, du karité, les produits de la mer, les produits agroalimentaires transformés, le textile et l'habillement, les accessoires de mode et de décoration. Travailler avec des investisseurs américains ne lui pose pas de problème. « On arrive toujours à se plier à la culture de son entreprise mais, pour ma part, je préfère apporter ma ?French Touch?. C'est plus constructif ! »un coureur de fondMême si les secteurs d'activité dans lesquels il intervient sont encore balbutiants, à l'exception peut-être de la noix de cajou qui fait l'objet d'une alliance mondiale des producteurs, le jeune ingénieur frenchie est persuadé que l'accès aux financements est la clé pour développer le formidable potentiel de l'Afrique. « Tant que les gouvernements ouest-africains n'auront pas pris les mesures qui s'imposent pour permettre à ces entreprises de se financer facilement, notre soutien individuel aux entrepreneurs restera plus que nécessaire. » Loin des tumultes de Wall Street, ce coureur de fond apprend ainsi, jour après jour, son nouveau métier de financier du développement permettant à des milliers de petits entrepreneurs africains de construire un avenir meilleur pour eux et leurs enfants.

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