La stratégie du liquidateur pour récupérer des fonds fait ses preuves

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Exercer une pression suffisamment forte sur les banques ou les familles soupçonnées d'être impliquées dans la fraude Madoff pour les contraindre à signer un chèque. Voilà la stratégie adoptée depuis deux ans par Irving Picard, le liquidateur américain de la société de courtage de l'escroc américain. Santander a été la première à expérimenter cette méthode. Peu après le début de l'affaire, la banque espagnole s'était vu réclamer l'intégralité des sommes perdues par sa filiale Optimal Investment Services, investie dans des fonds nourriciers Madoff. Soit environ 280 millions de dollars (212 millions d'euros). Face à cette pression, la direction de Santander avait accepté d'ouvrir des négociations afin d'aboutir à un compromis. Finalement, elle n'avait versé que 85 % du montant réclamé initialement. Depuis, ce schéma s'est reproduit dans chaque négociation que le liquidateur a menée. Mardi 7 décembre, la suisse Union Bancaire Privée (UBP) avait ainsi accepté de verser environ 500 millions de dollars pour éviter une plainte de 1 milliard (lire ci-dessous). Le lendemain, la famille de Carl Shapiro, un ancien poids lourd du textile soupçonné d'avoir gagné plus de 1 milliard de dollars grâce à Madoff, avait accepté de payer 625 millions de dollars. « Cette logique de compromis a une conséquence : les investisseurs ne retrouveront pas l'intégralité de l'argent qu'ils ont perdu », explique un bon connaisseur du dossier.Reste maintenant à savoir si HSBC, JP Morgan Chase ou encore UBS, à qui Irving Picard réclame respectivement 9 milliards de dollars, 6,4 milliards et 2,5 milliards, vont à leur tour négocier avec le liquidateur et quel montant elles pourraient donner. Alexandre Madde

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