Des finances minées par l'évasion fiscale
La Tribune
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La Grèce est prête à prendre « toutes les mesures nécessaires » pour réduire son déficit de quatre points en 2010, à 8,7 % du produit intérieur brut, a déclaré mercredi son Premier ministre, George Papandréou, à l'issue d'un déjeuner de travail à l'Élysée avec Nicolas Sarkozy. Cela passe évidemment par une réduction des dépenses, une hausse des prélèvements obligatoires mais suppose aussi que les autorités s'engagent résolument à lutter contre l'évasion fiscale promue, en Grèce, au rang de sport national. L'évasion fiscale priverait les caisses de l'État hellénique de 15 milliards d'euros par an.La Grèce est le pays membre de l'Union européenne où l'économie informelle est la plus importante. Selon les travaux de Friederich Scheider, professeur à l'université Johannes-Kepler de Linz, en Autriche, l'économie souterraine représenterait en Grèce 25,1 % du PIB contre 11,8 % en France et 7,2 % aux États-Unis. Le poids très important des activités non déclarées prive évidemment les caisses de l'État de précieuses recettes. Une enquête de l'IKA, la principale caisse de sécurité sociale grecque, a ainsi révélé que 10 % des entreprises ne payaient pas de cotisations sociales et que 27 % des employés n'étaient pas déclarés.niveaux inégalés en EuropeLes Grecs, pas plus que les Français, n'apprécient de payer des impôts. Mais la tricherie semble atteindre chez eux des niveaux inégalés en Europe. Selon le ministère des Finances, 65 contribuables seulement déclarent des revenus supérieurs à 900.000 euros et 94 % des ménages déclarent des revenus inférieurs à 30.000 euros par an.En comparant les revenus déclarés au fisc à ceux déclarés spontanément dans le cadre d'une enquête auprès des ménages pour les années 2004-2005, les économistes Manos Matsaganis et Maria Flevotomou ont montré que les ménages grecs allégeaient en moyenne leurs déclarations de revenus de 10 %, amputant les recettes fiscales de 26 %. Deux professions semblent particulièrement promptes à la tricherie. Les agriculteurs minoreraient leurs revenus de 53 % et les professions libérales de 24 %. Xavier Harel
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