La réforme de la taxe d'apprentissage inquiète les grandes écoles
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Le pire a été évité mais la réforme de la taxe d'apprentissage inquiète toujours les grandes écoles. Cette réforme prévoit de modifier l'affectation des fonds versés par les entreprises pour dégager 50 à 90 millions d'euros supplémentaires, dans l'objectif de passer de 600.000 à 800.000 apprentis d'ici à 2015. Cette intention est saluée, tant par les entreprises, PME en tête, que par les grandes écoles, qui bénéficient largement de cette manne. D'une part parce que l'apprentissage se développe dans l'enseignement supérieur depuis les années 1990, y compris dans les universités. Et d'autre part parce que les écoles utilisent une partie non négligeable de cette taxe comme bon leur semble, notamment pour financer leurs formations classiques.En valeur absolueLes entreprises versent ainsi 52 % de la taxe d'apprentissage aux formations en alternance (cette part est appelée le « quota »), les 48 % restants (1,959 milliard d'euros en 2009), nommée le « barème », allant aux établissements de formation de leur choix. Ce « barème » pèse de 10 % à 15 %, voire plus de 20 %, du budget des grandes écoles. Or c'est cette part qui va, dans le cadre de la réforme annoncée la semaine dernière par le chef de l'État, être mécaniquement figée puisqu'elle sera désormais calculée en valeur absolue et non plus en fonction de l'évolution de la masse salariale des entreprises. Il a même été un temps question de la réduire à 28 %.Le fait de figer la part « barème » va donc se traduire par un manque à gagner, alors que la hausse de la taxe d'apprentissage a été d'environ 18 % entre 2006 et 2009, rappelle le délégué général de la conférence des grandes écoles (CGE). « Dans un contexte de compétition mondiale, toute atteinte au finacement des écoles les met en danger », alerte Pierre Aliphat. La CGE a envoyé un courrier au Premier ministre en ce sens. Elle doit rencontrer la ministre de l'Apprentissage et de la formation professionnelle, Nadine Morano, mardi prochain. Clarisse Jay
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