Conseil d'administration à haut risque pour l'état-major de Renault

Réuni lundi, à midi, le conseil d'administration extraordinaire de Renault s'annonce déterminant pour plusieurs dirigeants du constructeur automobile français. Ce conseil constitue en effet le point de départ d'un autre chapitre de l'affaire Renault. Celui qui doit pointer les responsabilités du fiasco de la fausse affaire d'espionnage industriel avec, en filigrane, une réorganisation à court ou moyen terme de la gouvernance.Les administrateurs vont examiner les premières conclusions de l'audit externe annoncé le 14 mars par le constructeur, dans le but de déterminer la chaîne des responsabilités dans cette affaire. Selon certaines sources, il serait sans appel pour la direction France de Renault, épargnant, semble-t-il, Carlos Ghosn, le PDG de Renault et de Nissan. « Ce n'est pas lui qui a pris les premiers contacts avec le gouvernement, fait les premières interviews dans la presse, ou encore évoqué la piste chinoise, mais Patrick Pélata, le directeur général de Renault, et Christian Husson, directeur juridique », explique un connaisseur du dossier. Au point que, selon « Le Journal du dimanche », Patrick Pélata et Christian Husson, mais aussi Jean-Yves Coudriou, DRH des cadres dirigeants, et Rémi Pagnie, directeur de la sécurité, pourraient « rendre leur tablier » en marge du conseil de lundi.Pour autant, selon des sources concordantes, les « éventuels changements de têtes n'interviendront pas ce lundi, plutôt à court ou moyen terme ». Excuses au procureurComme le souligne un observateur, « un autre conseil d'administration est prévu fin avril. Si des décisions doivent être prises, il serait logique qu'elles se prennent à ce moment-là ». Lorsqu'il a été avéré, mi-mars, que les trois cadres de Renault accusés d'espionnage industriel étaient innocents, Patrick Pélata avait remis sa démission à Carlos Ghosn qui l'avait refusée « dans l'intérêt de Renault (...) pour ne pas ajouter une crise dans la crise ». Le groupe a d'ores et déjà fait amende honorable : samedi, il a présenté ses « excuses » au procureur de Paris, Jean-Claude Marin, accusé par un enregistrement clandestin du groupe d'avoir « couvert » l'enquête officieuse. « Une accusation dépourvue de tout fondement », admet le constructeur. Le conseil de lundi doit également aborder la délicate question de l'indemnisation des trois cadres victimes de l'affaire. Selon l'hebdomadaire « Marianne », ils réclameraient plus de 9 millions d'euros de dommages pour préjudice moral, Au total, l'ex-Régie pourrait leur devoir 11,2 millions. Carlos Ghosn s'était engagé à les indemniser « à la hauteur du préjudice » subi. Il avait renoncé, comme son bras droit Patrick Pélata et « l'ensemble des cadres dirigeants impliqués », à son bonus pour 2010 (1,6 million d'euros pour le PDG) et à tout bénéfice de stock-options pour 2011. Mais ce montant parviendra difficilement à couvrir la note. « Les négociations sont en cours », affirmait-on vendredi chez Renault. La prochaine assemblée des actionnaires du groupe, le 29 avril, s'annonce houleuse.

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