L'entrée dans la fonction publique facilitée

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Hier, si vous mesuriez moins de 1,60 mètre, il vous était impossible d'entrer dans la police. Si votre indice de masse corporelle était incompatible avec les missions confiées, les portes de l'administration pénitentiaire vous restaient fermées. Enfin, si vous n'aviez pas « une élocution ou une phonation permettant une compréhension normale de la parole », pas question d'endosser les habits de douanier. Ces critères chiffrés n'ont plus lieu d'être. Le secrétariat d'État à la Fonction publique vient de publier un arrêté supprimant une partie des conditions d'aptitude physique en vigueur dans plusieurs métiers, comme la police, les douanes ou l'administration pénitentiaire. Désormais, avant l'intégration dans la fonction publique, un médecin donnera son feu vert au cas par cas et sur le seul critère de la capacité physique des candidats à assumer leurs futures missions. Seules quelques contraintes sont maintenues, comme l'aptitude au port ou à l'usage des armes pour les aspirants policiers ou une vue minimale. « Les critères étaient absurdes. Nous avions des dizaines de personnes qui s'en plaignaient chaque année. On peut mesurer 1,61 mètre, mais être malingre et ne pas être capable d'affronter un détenu ou un délinquant. Dorénavant, soit la personne sera capable, soit elle ne le sera pas », indique-t-on dans l'entourage de Georges Tron, le secrétaire d'État à la Fonction publique. Circonscrite aux seules fonctions sécuritaires, cette évolution s'inscrit, aux yeux de l'exécutif, dans un mouvement de plus grande ouverture de la fonction publique. Depuis plusieurs années, les critères pour s'inscrire aux concours d'entrée ont été assouplis. Notamment la limite d'âge. Partiellement abolie en 2005, mais subsistant dans les concours de l'ENA ou de l'École nationale de la magistrature (ENM), elle est, depuis la loi de 2009 sur la mobilité et les parcours professionnels, totalement proscrite. le « 3e concours » en questionCes changements sont loin d'être anecdotiques car désormais se pose la question de l'avenir du « 3e concours » qui permettait à des candidats ayant une expérience professionnelle mais pas forcément les diplômes requis d'intégrer la fonction publique sans limite d'âge. Or, le concours externe est désormais accessible sous les mêmes conditions quasiment. L'exécutif envisage donc de revoir le « 3e concours » pour renouer avec son objectif premier, un peu perdu de vue, la diversité des recrutements. A. L.

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