Grâce à Deafi, les sourds et malentendants obtiennent un interlocuteur

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Si les centres de relation client ont créé de nombreux emplois en France, une population reste pourtant exclue de ces prestations : les sourds et les malentendants. D'où l'idée de Deafi (qui se prononce comme « défi »). « En France, il y a entre 3 et 4 millions de sourds qui ont de la difficulté à contacter les centres de relation client parce que cela se fait par téléphone, explique Jean-Charles Corréa, le directeur général de Deafi. Or le monde de la relation client crée de l'emploi. Nous avons donc eu l'idée de concilier les deux ». La démarche de Déafi a été volontairement professionnelle. « Nous n'avons pas voulu faire du compassionnel mais créer une filière métier pour cette population », note Jean-Charles Corréa.Après plusieurs rencontres avec l'Association nationale pour la formation professionnelle des adultes (Afpa) et l'Association française de la relation-client, le projet a démarré. L'Afpa a accepté de modifier un de ses cursus (conseiller service client à distance) qui a été dispensé en langue des signes française. La traduction a été assurée par un interprète. Précisons qu'il n'existe que 250 interprètes en France pour presque 4 millions de sourds. Si on applique à cette population le ratio connu des centres de relation-client (1 téléconseiller pour 250 habitants), cela fait un potentiel de 16.000 créations d'emplois. « Nous n'en sommes pas encore là mais nous avons fait un pas dans la bonne direction », souligne Jean-Charles Corréa. Vidéo-conseillersPetit poucet de la relation client, jeune pousse vert tendre créée en décembre 2009, Deafi a été soutenu par le groupe SFR et le groupe Malakoff-Médéric qui ont retenu ses services. Techniquement, Deafi a mis au point une plateforme spécifique, DeafiLine, qui propose une série d'outils de communication. Ils sont accessibles directement depuis le site internet de ses clients. Les téléconseillers sont devenus des vidéoconseillers client. Depuis sa création, Deafi a créé 11 emplois en CDI, dont 7 de travailleurs handicapés. Elle a déjà engrangé plus de 400.000 euros de chiffre d'affaires. « Nous prévoyons de former et embaucher 24 vidéo-conseillers sourds de plus en 2011 et 32 en 2012 », souligne Jean-Charles Corréa. P. B.

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