Les associations caritatives juives pansent leurs plaies

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Un an après la révélation de l'escroquerie de Bernard Madoff, les associations caritatives américaines, notamment dans la communauté juive, qui lui avaient confié la gestion de tout ou partie de leur argent, restent sous le choc. Lui-même de confession juive, Madoff s'était au premier chef attaqué à ses coreligionnaires ; une conduite classique dans les pyramides de Ponzi reposant sur le bouche-à-oreille et l'affectif. D'illustres associations ont été ébranlées, comme la Fondation Elie Wiesel, qui a perdu 15 millions de dollars. Certaines ont fermé la porte, comme JEHT, qui militait contre les dérapages du système judiciaire américain. D'autres, après avoir failli disparaître (Robert I. Lappin Charitable Foundation), se relèvent tant bien que mal de cette rude épreuve.En octobre, un bilan partiel a été établi quand a été publié le palmarès 2008 de la Chronique de la philanthropie aux États-Unis. Une vingtaine d'?uvres de charité juives figurent dans ce Top 400, mais le rapport prévient que de nombreuses associations caritatives avaient clos leurs comptes dès juin. Il est donc trop tôt pour évaluer l'impact global de l'effet Madoff sur les donations perçues par ces fondations, d'autant qu'elles ont aussi pâti de la crise financière. Reste que les « charities » juives figurent parmi celles dont la collecte a le plus reculé. La plus importante d'entre elles (Jewish Federations of North America) a recueilli 398,5 millions de dollars ; une chute de 25,3 % par rapport à 2007. peur et incertitudeTrès investie chez Madoff, l'association Hadassah, qui finance la construction d'hôpitaux en Israël, a perdu la moitié de ses donations. Ses déboires ne font peut-être que commencer car Irving Picard, le liquidateur de la société de Madoff, envisage de réclamer les gains fictifs que les particuliers et les ?uvres caritatives croyaient avoir réalisés de bonne foi par le passé.Voilà quelques années, le gendarme des marchés financiers américains (SEC) s'était fendu d'une note de prévention sur les « affinity scams », les arnaques intracommunautaires, visant aussi bien les Latino-Américains, les Noirs, les personnes âgées que les Témoins de Jéhovah? Mais sans être entendu. De nombreux « Ponzi » ont depuis été démasqués, dont Richard Piccoli, 82 ans, soi-disant spécialisé dans la gestion de l'argent d'associations catholiques à travers les États-Unis, mais dont la société Gen-See Capital Corp affichait elle aussi des rendements totalement fictifs. Peu avant son récent décès, Gary Tobin, chercheur réputé de l'Institute for Jewish and Community Research de San Francisco, soulignait que Madoff avait insufflé « de la peur et de l'incertitude sur la façon dont les associations à but non lucratif emploient leur argent ». Le chercheur, lui-même philanthrope, avait alors prévenu que l'ouragan Madoff affecterait des ?uvres très diverses, car 70 % des financements réalisés par les plus grandes fondations juives sont destinés à des causes non communautaires. Éric Chalmet, à New York

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