Swift part à la conquête des entreprises

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Près d'un millier de banquiers, trésoriers d'entreprises et éditeurs de logiciels étaient conviés jeudi au palais Brongniart à Paris à réfléchir à l'utilisation de Swift, réseau mondial d'échanges de données bancaires. Il ne s'agissait pas du tout d'évoquer le transfert d'informations bancaires de citoyens de l'Union européenne que réclament les états-Unis dans le cadre de la lutte anti-terrroriste et qui a fait l'objet d'un blocage par le parlement européen mi-février 2010. Les débats portaient sur un autre sujet : l'utilisation de Swift par les entreprises. Créé il y a 34 ans sous forme de coopérative par 239 banques de quinze pays (8.000 établissements l'utilisent actuellement dans 210 pays), Swift a pour vocation première de leur proposer des services de messagerie et de transfert d'informations financières automatisé, sécurisé et à moindre coût. Le réseau a commencé à se développer auprès des entreprises à la fin des années 1980 et plus significativement depuis 3 ans. «Les trésoreries de grands groupes ressemblent souvent à de petites banques : elles centralisent les besoins ou les excédents de liquidité, et les couvertures des opérations en devises. Elles ont quelques opérateurs des marchés et un back office », indique Hervé Postic, fondateur de la société de conseil Utsit, co-organisatrice des rencontres UniverSwiftNet jeudi. Elles sont donc de plus en plus nombreuses (565 au total dont 70 % en Europe) à être clientes de Swift. La France est le cinquième utilisateur mondial du réseau  : 250 insitutions financières sont connectées ; 86 entreprises sont clientes et 80% des sociétés du CAC 40.offre spécifique pour les pmeLa mise en oeuvre progressive du projet SEPA qui crée une gamme unique de moyens de paiement commune aux pays de l'UE rend obsolètes les protocoles de transmission des données existants. En France, le réseau actuel Etebac/X25, utilisé par 90.000 entreprises (pour les virements aux fournisseurs, la paie notamment) sera ainsi définitivement arrêté par France Télécome;lécom en septembre 2011. « Swift est recommandé par le Comité français de normalisation et d'organisation bancaire comme solution de remplacement », précise Javier Perez-Tasso, directeur de Swift Europe de l'Ouest, Afrique et Moyen Orient. Trente-six nouvelles entreprises clientes ont été conquises l'an dernier dans l'Hexagone et cette tendance devrait s'accélérer. L'adoption de Swift n'est pas dénuée de complexité et nécessite la mise en place d'un projet qui peut durer de 2 à 6 mois. Le groupe RTL en a par exemple profité pour réorganiser ses procédures de paiement, explique le trésorier François Masquelier. « Nous sommes passés de 12 systèmes de paiement à un seul », indique-t-il avant d'ajouter « le projet consiste à standardiser tous nos paiements. Swift n'en constitue qu'une partie : la tuyauterie ». Il n'a représenté d'ailleurs que 3 % du coût de mise en place du projet dans ce groupe. Pour les PME (de 50 à 100 millions de chiffre d'affaires), Swift a développé une offre spécifique pour un coût minimum à partir de 2.500 euros par an et multiplie les efforts pour simplifier le service, avec par exemple l'ouverture d'un portail d'accès internet à Swift baptisé Alliance Lite. Parmi les innovations attendues en 2010, la signature électronique sera utilisable en France et à l'étranger et compatible avec des systèmes alternatifs à Swift. nLégende en verlag condensé bleu corps 9,5 interligne 10,5 drapeau à gauche en blanc sur bloc deep blue.

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