« Notre objectif : être parmi les leaders dans les dérivés actions »

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dr Luc François. Luc François, responsable mondial des Equity Derivatives de Morgan Stanley Dans un entretien à « La Tribune », Luc François, co-responsable mondial de la division Equities (actions, Ndlr), responsable mondial de la division Equity Derivatives (dérivés actions Ndlr) et membre du Comité de direction de Morgan Stanley, explique la stratégie de la banque dans ces métiers.êtes-vous inquiet par la réaction des marchés sur la santé des Etats ?Le risque souverain est important et il y aura encore de fortes réactions des marchés. à court terme, nous restons très prudents car le risque de contagion à d'autres pays européens est réel. Cette réaction n'est pas que spéculative. La situation de rigueur budgétaire vers laquelle nous nous dirigeons et l'augmentation des impôts impacteront la consommation et l'épargne dans la plupart des pays européens. La réduction des déficits prendra beaucoup de temps mais à la différence de la crise des subprimes, le problème est cette fois bien identifié et compris par tous les acteurs.L'économie européenne menace-t-elle la zone euro ? La sortie de la Grèce de l'euro ou l'explosion de la monnaie unique sont des scénarios peu probables. Les pays européens ont mis trop de temps à créer ce système monétaire pour l'abandonner sans combattre. L'économie européenne va connaître une croissance molle à court terme. Les grandes entreprises qui génèrent une part importante de leurs résultats en dehors de l'Europe pourraient voir leur cours s'apprécier. Comme d'habitude, en ce qui concerne le cycle économique, les Etats Unis sont en avance par rapport a l'Europe, ce qui explique le décalage entre les deux continents.Comment vous préparez-vous aux nouvelles normes réglementaires pour les banques ?Nous y sommes tout à fait favorable mais il faut que ces règles soient les mêmes pour tous pour éviter les arbitrages. Evidemment, la rentabilité des banques va baisser. Mais si cela permet de rendre les résultats plus récurrents ce n'est pas un si gros problème. Prenez l'exemple de la banque de détail qui est mieux valorisée grâce a la récurrence de ses profits.Qu'en est-il du projet Volcker, qui prévoit de sortir les activités de compte propre des banques, qui vous touche directement ?Il faut d'abord que cette loi soit votée... Si c'est le cas, les banques arrêteront mais il y a encore beaucoup d'incertitude sur ce projet. Pour notre part, nous ne sommes pas inquiets car le trading pour compte propre représente une petite partie de nos revenus, car nous l'avons déjà réduite.Quelle est votre stratégie sur vos activités de dérivés actions ?Nous voulons développer nos activités clientèles. Morgan Stanley est déjà très forte sur les produits de flux envers les gestionnaires d'actifs et les hedge funds. Nous souhaitons désormais nous renforcer sur les produits structurés envers les réseaux de distribution (type banque privée) et les investisseurs institutionnels comme les assureurs, les banques, les fonds de pension. Nous avons comme objectif ambitieux d'être parmi les leaders sur le marché des dérivés actions.Comment cela se traduit-il dans vos investissements ?Depuis le début de l'année, nous avons recruté 40 personnes dans nos activités de dérivés actions qui comptent environ 400 personnes. Nous nous renforçons en particulier dans la distribution de nos produits. Par ailleurs nous mettons en place un partenariat avec Mitsubishi UFG (actionnaire de Morgan Stanley à hauteur de 20 %) au Japon et nous nous appuyons sur notre réseau de courtiers Morgan Stanley Smith Barney aux Etats-Unis, fort de 18.000 personnes.Comment vont évoluer les rémunérations des traders dans les prochaines années ?Nous suivons déjà les règles du G20 sur le paiement différé et en actions. Ces règles ne reviendront pas en arrière. Notre taux de rémunération (rémunérations rapportées aux revenus, Ndlr) dans la banque d'investissement atteint 40 % alors qu'il était entre 50 % et 60 % avant la crise. C'est désormais cet indicateur qui sera scruté par le marché. Il est difficile d'imaginer que ce ratio augmente dans les années à venir et nous en avons pleinement conscience. n Les grandes entreprises qui génèrent une part importante de leurs résultats en dehors de l'Europe pourraient voir leur cours s'apprécier. »

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