La Grande-Bretagne se dirige vers un gouvernement conservateur

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Après cinq jours de négociations sous haute tension, la Grande-Bretagne se dirigeait mardi soir vers un accord entre les libéraux-démocrates et les conservateurs. Selon toute probabilité, David Cameron devrait devenir Premier ministre, soutenu par le parti centriste. Cela pourrait cependant se faire sous forme d'un « gouvernement minoritaire », plutôt que d'une coalition formelle. Parallèlement, les négociations entre les libéraux-démocrates et les travaillistes semblaient avoir échoué mardi soir. Dans ces conditions, la principale incertitude qui subsistait concernait le choix des parlementaires libéraux-démocrates. Ceux-ci devaient en effet voter mardi soir à une majorité de 75 % pour adopter la proposition soumise par la direction du parti. Or, les lib-dems penchant naturellement vers le centre-gauche, une coalition formelle avec les conservateurs apparaissait difficile ? mais pas impossible ? à accepter.Une autre option restait toutefois ouverte mardi soir : celle d'un gouvernement « minoritaire », c'est-à-dire un exécutif mené par les conservateurs, et soutenu lors des votes clés (motions de défiance, discours de politique générale de la reine, budget...) par les libéraux-démocrates. Le reste du temps, ceux-ci resteraient libres de leur vote, chaque loi faisant l'objet d'âpres tractations avec les petits partis. Les députés conservateurs devaient également se réunir pour approuver l'offre d'accord avec les libéraux-démocrates.TensionLa journée avait commencé dans une situation très tendue. Après l'annonce, lundi après-midi, de la démission de Gordon Brown de la direction du parti travailliste, les libéraux-démocrates avaient entamé des discussions officielles pour former une coalition avec son possible successeur. Pour eux, c'était aussi une façon de faire pression sur les tories, qui ont soudain eu peur de ne pas retrouver le pouvoir après treize ans d'opposition.Cependant, les discussions avec les travaillistes ont très vite achoppé. Quand l'information de l'échec des négociations a fuité dans la presse, l'effet a été immédiat sur le cours de la livre sterling, qui est reparti à la hausse, les marchés étant rassurés de voir une solution à la crise politique.Toutefois, le coup de bluff des libéraux-démocrates, qui ont ouvert des négociations parallèles avec les travaillistes, semble avoir porté ses fruits. Les conservateurs leur offrent désormais un référendum sur le système politique, auquel ils s'opposaient jusqu'à présent. Le mode de scrutin actuel ? vote uninominal à un tour ? désavantage fortement le parti centriste, qui réclame l'introduction d'une dose de proportionnel. Si les Britanniques votent en faveur de cette réforme, le paysage politique du pays en sortira profondément changé.

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