La valorisation des actions moins attractive qu'il n'y paraît

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Faisant référence à la folle séance boursière de lundi, Christine Lagarde, la ministre de l'Économie, avait prévenu sur France Culture avant l'ouverture de la séance mardi : « les marchés ont donné une réponse excessive (...) avec des montées d'indices comme on n'en avait pas vu depuis vingt ans », oubliant les deux hausses de plus 10 % intervenues sur le CAC 40 à l'automne 2008. Mais l'avertissement ministériel conserve toute sa pertinence car ces deux envolées il y a dix-huit mois n'avaient pas empêché la Bourse de Paris d'amplifier sa pente baissière jusqu'à tomber à 2.465,5 points le 9 mars 2009. Avec leur plan de sauvetage de la zone euro, les dirigeants européens ont stoppé la panique, permettant un retour aux fondamentaux de l'analyse financière. A cet égard, les stratèges de Morgan Stanley considèrent que nous retrouvons un marché haussier. Cet optimisme repose sur les prévisions de bénéfices des sociétés : les perspectives d'une croissance molle en Europe, particulièrement à la périphérie de l'Union, ne menacent pas la génération de profits car les entreprises du Vieux Continent sont maintenant des « global players » présentes bien au-delà de leur marché domestique (voir ci-dessous et le graphique ci-contre). Cette tendance haussière du marché ne devrait pas souffrir de la crise des emprunts d'État qui n'entrainera pas une rechute des bénéfices (double-dip), estime le stratège de Morgan Stanley, Teun Draaisma, dans sa dernière note publiée lundi matin, Les indicateurs avancés de la banque américaine permettent d'anticiper un bond de 59 % des profits européens pour les douze prochains mois, alors que les valeurs de l'indice MSCI Europe se négocient à seulement 10 fois les bénéfices du consensus des analystes IBES. Cette valorisation très raisonnable valide à 85 % selon Morgan Stanley un scénario de hausse des indices pour les six prochains mois. déséquilibresUn répit bienvenu même si, à plus long terme, le marché baissier qui a débuté en 2000 reste d'actualité, alors que les déséquilibres persisteront tant que la montagne de dettes accumulées sur la planète ne se réduira pas. La croissance molle de l'Europe est aussi la pierre angulaire du scénario de Pierre-Yves Gauthier, chef de la stratégie du cabinet d'analyse indépendant Alphavalue. Selon lui, le CAC 40 conserve un petit potentiel de hausse et pourrait gagner quelque 10 % d'ici six mois à 4.100 points : « après la tempête, on peut se projeter dans un monde où le risque est correctement évalué », estime-t-il. Mais il s'inquiète d'une valorisation qui n'est séduisante qu'en trompe-l'oeil. Selon Alphavalue, le PER 2011 de 10,1 masque un écart important entre les bénéfices valorisés 7,1 fois par les cours des valeurs financières, et le ratio de 12,3 si l'on soustrait à l'ensemble les valeurs financières et les cycliques. Une fragilité renforcée par la menace de relèvement de la fiscalité des secteurs défensifs et des banques.

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