Après neuf mois d'alternance, le Japon déjà déçu

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Moins d'un an après des élections législatives qui ont fait chuter le Parti libéral démocrate pour la première fois depuis 1955, le gouvernement d'alternance a perdu son crédit dans l'opinion. Son pari économique, qui consistait à faire de la demande intérieure le moteur de la croissance plutôt qu'à tout miser sur les exportations, a fait long feu. La consommation ne peut pas rebondir, dépendante d'une population qui vieillit, diminue de taille chaque année, et dont le pouvoir d'achat s'amenuise. Programme incohérentMême le généreux système d'allocations familiales mis en place par le gouvernement n'a pas converti les Japonais à l'alternance politique. Surtout, Naoto Kan s'est discrédité en proposant un programme économique vague et incohérent, où il promet à la fois plus d'impôt et plus de croissance. Leader d'une majorité qui se dit de « gauche », Naoto Kan propose de réduire drastiquement l'impôt sur les sociétés et d'augmenter la TVA. « Il parle d'un plan de croissance : mais je ne vois pas de plan, et encore moins de croissance », ironise l'économiste Richard Katz. « Il compare son pays à la Grèce, mais n'importe quel économiste devrait lui expliquer que le Japon n'a pas de dette vis-à-vis de l'étranger, et conserve un excédent courant. La Grèce, c'est le contraire. Les deux pays ne sont pas dans la même catégorie », poursuit cet expert. Même si la dette de l'archipel représente plus de 200 % du PIB, elle est en très grande partie concentrée entre des mains nippones.Le chaos née des urnes n'augure rien de bon pour les réformes nécessaires. Car le gouvernement devra sans cesse composer avec les petits partis et s'allier encore plus avec eux pour espérer faire passer ses projets de loi. « Ça ne sert à rien de dire que le Japon est un pays à l'avenir incertain. Il est comme un malade, son état évolue. Mais à long terme, on peut craindre qu'il aille de plus en plus mal », se désole un analyste. R. A., à Tokyo

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