Anna Wintour sans détour
La Tribune
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« Les gens qui critiquent la mode sont souvent des gens qui en ont peur. Il y a quelque chose dans la mode qui rend les gens nerveux. » C'est par ces propos qu'Anna Wintour ouvre « The September Issue », le documentaire que lui consacre R.J. Cutler. En salles mercredi prochain, ce portrait de la grande prêtresse du « Vogue » américain et de son équipe se situe au moment de la conception du fameux numéro de septembre, « Le Spécial mode », qui donne à l'industrie le « la » des tendances. Plus qu'un documentaire, ce film dessine un portrait en creux, passionnant et touchant. On y découvre une femme en armure. Coupe de cheveux au carré, lunettes noires de rigueur, tenues « dadames » composent un personnage qui, malgré son aura et sa fonction, masquent sa fragilité. Et qui souffre en vérité du mépris affiché de ses proches investis dans des domaines « plus sérieux ». On rencontre aussi une mère célibataire qui ne réussit pas à transmettre sa passion à sa fille, celle-ci avouant désirer s'orienter vers des études de droit? Enfin, au travers de Grace Coddington, directrice de la création, centrale dans le film comme pour mieux faire apparaître sa patronne, se dessine une Anna Wintour plus « business woman » que journaliste. C'est donc l'histoire d'un aigle à deux têtes, l'alliance d'une femme d'affaires et d'une artiste, qui façonne au gré de leurs inspirations le monde de la mode. Au final, un film beaucoup plus « grand public » que son sujet ne le laisse croire. S. P. et I. L.
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